Mois sans Tabac: Six chiffres alarmants sur les conséquences du tabac chez les femmes

DROGUE A l'occasion du lancement de Mois sans tabac, Santé Publique France dévoile la première étude qui se penche sur le nombre de maladies liées au tabagisme chez les Françaises...

Oihana Gabriel

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Illustration d'une femme qui fume. Depuis les années 1970, les femmes fument davantage qu'avant, ce qui entraîne d'importants problèmes de santé.
Illustration d'une femme qui fume. Depuis les années 1970, les femmes fument davantage qu'avant, ce qui entraîne d'importants problèmes de santé. — Pixabay
  • La 3e édition du Mois sans tabac débute jeudi et espère continuer à aider des milliers de Français à arrêter la cigarette. 
  • Pour accompagner le lancement de cette opération, Santé Publique France publie ce mardi plusieurs études qui pour la première fois analyse la consommation de tabac uniquement des femmes. 
  • Et leur incidence sur leur santé: cancer du poumon, infarctus et BPCO notamment, qui augmentent de façon inquiétante chez les Françaises. 

Jeudi 1er novembre, ce sera peut-être un jour férié à se glander sous les draps, peut-être le jour où on dépose quelques fleurs au cimetière, peut-être aussi le jour où on dit adieu pour toujours à la cigarette. En effet, pour sa 3e édition l’opération Mois sans tabac va proposer une nouvelle fois à tous les fumeurs d’être accompagnés pour se sevrer.

Acupuncture, arrêt brutal, accompagnement psychologique, e-cigarette, sevrage tabagique, si les techniques sont multiples, les bénéfices d’un arrêt du tabac ne sont plus à démontrer. Pour accompagner le lancement de ce nouveau Mois sans tabac, qui a été suivi par 160.000 personnes en 2017, Santé Publique France, établissement public sous la tutelle du ministère de la Santé, dévoile pour la première fois des chiffres pour le moins inquiétants sur les conséquences du tabagisme chez les Françaises. Retour sur six chiffres qui encourageront peut-être certaines à écraser la dernière…

24 % des Françaises fument au quotidien

En 2017, 24 % des femmes de 18 à 75 ans déclaraient fumer quotidiennement contre 30 % des hommes. Depuis cinquante ans, le nombre de fumeurs baisse… et au contraire le tabac a fait une percée chez les femmes.

Au point que les courbes par sexe tendent à se rejoindre : selon les chiffres de ce Bulletin épidémiologique hebdomadaire, « chez les hommes, la consommation de tabac est passée de 60 % dans les années 1970 à moins de 40 % au début des années 2000, puis s’est stabilisée. Chez les femmes, le tabagisme s’est, au contraire, installé depuis les années 1970 et stabilisé autour de 30 % jusqu’au début des années 2000. » Bonne nouvelle tout de même : après quelques années de stabilisation, le nombre de fumeurs, hommes comme femmes, est en légère baisse en 2017.

16,2 % des femmes enceintes fument au 3e trimestre

Une deuxième étude de ce BEH s’intéresse à une période clef dans la vie d’une femme : la grossesse. Si l’arrêt du tabac pendant les neuf mois est un message qui a fait son chemin, cette analyse montre que parmi les fumeuses, en 2016, 45,8 % ont arrêté de fumer avant le 3e trimestre, 37,2 % ont divisé par deux leur consommation, 16,9 % ont peu limité la cigarette. Et 16,2 % des femmes enceintes continuaient à fumer au 3e trimestre.

Illustration d'une femme enceinte avec une cigarette.
Illustration d'une femme enceinte avec une cigarette. - CLOSON/ISOPIX/SIPA

Décès de femmes attribuables au tabagisme multiplié par deux

Infarctus, AVC, cancers de multiples organes, ce n’est plus secret, le tabac est un des facteurs évitables d’une quantité impressionnante de maladies. Qui sont pour certaines mortelles. Selon ces études, le tabac fait désormais beaucoup de victimes parmi les femmes : « le nombre estimé de décès attribuables au tabagisme a été multiplié par deux entre 2000 et 2014 chez les femmes ». Des chiffres alarmants, regrette l’organisme dépendant du ministère. Qui sont les plus grosses fumeuses ? L’augmentation à la fois de la prévalence et, logiquement de la mortalité, a été repérée chez les femmes de 45 à 64 ans.

+72 % de cancers du poumon chez les femmes en dix ans

Conséquence évidente : le nombre de cancers du poumon a explosé. Entre 2002 et 2012, le taux d’incidence du cancer du poumon a globalement augmenté de 72 % chez les femmes, alors qu’il est resté stable chez les hommes. Des chiffres qui se retrouvent dans les statistiques des décès après un cancer du poumon : entre 2000 et 2014, le taux de mortalité par cancer du poumon a augmenté de plus de 71 % chez les femmes, alors qu’il a diminué de 15 % chez les hommes. Pendant des décennies, on pensait le cancer du poumon était « réservé » aux hommes. Mais selon cette étude, il devrait détrôner le cancer du sein comme première cause de mortalité par cancer chez la femme prochainement.

Le nombre de BPCO a doublé entre 2002 et 2015

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) reste une maladie méconnue. Et pourtant, les chiffres de cette maladie chronique inflammatoire des bronches, incurable et qui provoque le décès de 16.000 personnes par an, touche de plus en plus de Françaises. Selon Santé Publique France, « pour les exacerbations de BPCO, l’incidence des patients hospitalisés a doublé entre 2002 et 2015 chez les femmes et augmenté de 30 % chez les hommes. » De même, le taux de mortalité lié à la BPCO a globalement augmenté de 3 % chez les femmes entre 2000 et  2015, alors qu’il a diminué de 21 % chez les hommes.

+ 50 % d’infarctus chez les femmes entre 2002 et 2015

Autre sujet de l’étude : l’infarctus du myocarde avant 65 ans, qui a augmenté de 50 % entre 2002 et 2015 chez les femmes et de 16 % chez les hommes. Des infarctus qui sont, heureusement, moins mortels : contrairement aux deux pathologies précédentes, la mortalité par infarctus du myocarde est restée orientée à la baisse chez les hommes comme chez les femmes entre  2000 et  2015.

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