«Il y a urgence!», des patients et médecins alertent sur la pénurie de certains médicaments

RUPTURES DE STOCK En 2017, l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a reçu 530 signalements pour rupture de stock de traitements ou pour tension d’approvisionnement…

Manon Aublanc
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Une pharmacie: illustration
Une pharmacie: illustration — ALLILI MOURAD/SIPA

Anticancéreux, antiépileptiques, vaccins ou encore antibiotiques. Dans une tribune publiée ce lundi dans Le Parisien, des patients, notamment le collectif Parkinson, et plusieurs neurologues poussent un cri d’alarme pour dénoncer la pénurie de certains médicaments. Ils ont lancé une pétition pour inciter l’Etat d’agir rapidement.

En 2017, l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a reçu 530 signalements pour rupture de stock de traitements ou pour tension d’approvisionnement, un chiffre dix fois plus élevé qu’il y a dix ans. Une situation qui concerne des anticancéreux, des antiépileptiques, des médicaments pour les malades de Parkinson, les vaccins BCG ou encore certains antibiotiques. Pour les patients et les médecins concernés, la pénurie est préoccupante.

« Les malades doivent se contenter des miettes que les laboratoires veulent bien accorder »

« Il y a urgence à mettre le réel en cohérence avec les ambitions affichées. Les personnes atteintes par la maladie de Parkinson doivent trop fréquemment faire face à des discontinuités répétées dans leurs parcours de soins et de santé », explique la tribune. « Elles subissent en plus depuis quelques mois des ruptures graves dans l’approvisionnement de médicaments qui leur sont indispensables et dont ils ne peuvent pas se passer. Aujourd’hui, il s’agit du Sinemet, médicament de base dans le traitement de la maladie de Parkinson et dans certaines formes de syndromes parkinsoniens atypiques comme l’atrophie multisystématisée (dite AMS) » détaille le collectif.

« Les malades doivent se contenter des miettes que les laboratoires veulent bien accorder. Ou encore se contenter de suivre les recommandations de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui les oriente vers des médicaments plus ou moins équivalents dont les stocks sont eux-mêmes insuffisants pour compenser dans la durée les ruptures d’approvisionnement », déplorent-ils.

Une liste de médicaments dits d’intérêt majeur

Selon ces patients et ces médecins, les pouvoirs publics sont restés impuissants face à cette situation : « Les pouvoirs publics régulièrement sollicités agissent, mais en réalité se révèlent impuissants ! Impuissants à rappeler avec force et efficacité aux dirigeants des laboratoires pharmaceutiques que leur responsabilité première est d’apporter les meilleures réponses possible aux malades », ajoutent-ils, appelant l’Etat à agir au plus vite.

« Il est plus que temps de donner leur plein effet aux textes législatifs et réglementaires qui établissent une liste de médicaments dits d’intérêt majeur et qui, à ce titre, doivent bénéficier de mesures permettant une disponibilité régulière », conclut le texte.