Déserts médicaux: 8,6% des patients français sont sans médecin traitant

SANTE Confrontés à des salles d’attente toujours pleines, les médecins, eux, risquent l’épuisement, tandis que le recours aux urgences hospitalières ne cesse d’augmenter, selon un rapport...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un médecin.
Illustration d'un médecin. — POUZET/SIPA

En France, 8,6 % des patients de plus de 16 ans n’ont pas de médecin traitant, rappelle un rapport remis lundi à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, détaillant une multitude de mesures pour lutter contre les difficultés d’accès aux soins.

Le manque de médecins dans certains territoires se traduit « par des difficultés croissantes à trouver un médecin traitant », expliquent Élisabeth Doineau, sénatrice de la Mayenne, Thomas Mesnier, député de Charente et Sophie Augros, médecin généraliste dans leur rapport commandé il y a un an dans le cadre d’un plan contre les déserts médicaux.

Au total, 75 caisses primaires d’Assurance Maladie (CPAM) identifient des difficultés dans ce domaine sur leur territoire », poursuivent-ils, précisant que certains patients bénéficient toutefois « d’un médecin traitant fictif [ayant cessé son activité] dans les bases de l’Assurance Maladie » pour continuer à être remboursés au mieux.

« Réduire les motifs de consultation médicale »

Confrontés à des salles d’attente toujours pleines, les médecins, eux, risquent l’épuisement, tandis que le recours aux urgences hospitalières ne cesse d’augmenter, soulignent les auteurs du rapport avant de lister leurs recommandations.

Encourager les stages dans les cabinets libéraux et accompagner les projets d’installation, développer la télémédecine et l’exercice coordonné ou encore simplifier l’exercice libéral font partie des thèmes abordés et pris en compte dans le plan d’octobre 2017 et dans le plan santé présenté en septembre.

Ils proposent par exemple de « réduire les motifs administratifs de consultation médicale ». La nécessité d’obtenir un certificat chez le généraliste, « sans qu’un examen de santé ne s’avère indispensable ni même utile d’un point de vue médical », peut difficilement se justifier « dans le contexte actuel de pénurie médicale », expliquent les auteurs du rapport, citant notamment le cas des arrêts de travail inférieurs à trois jours. Les entreprises pourraient selon eux « être incitées à assouplir » leurs procédures pour ces arrêts courts non indemnisés. Dans un communiqué, le ministère de la Santé a annoncé le prolongement d’un an de cette mission.