Strasbourg: Une sonde connectée pour que les femmes rééduquent leur périnée chez elles

FEMME Emy est une sonde vaginale connectée, développée par la start-up strasbourgeoise Fizimed, qui vise à la rééducation du périnée…

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Une sonde connectée pour que les femmes rééduquent leur périnée chez elles
Strasbourg: Une sonde connectée pour que les femmes rééduquent leur périnée chez elles — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Emy est une sonde vaginale connectée, développée par la start-up strasbourgeoise Fizimed. Le but de ce dispositif médical ? Permettre aux femmes, généralement concernées après un accouchement, de rééduquer et tonifier leur périnée à domicile.
  • L’objectif de Fizimed est de dédramatiser et vulgariser la rééducation du périnée, utile pour lutter contre l’incontinence urinaire et, éventuellement aussi, améliorer ses rapports intimes.

Lancer des fléchettes sur des ballons ou faire décoller une fusée, le tout sans bouger juste en… contractant son périnée. Voilà un aperçu des exercices mesurant ou travaillant la force, l’endurance, la rapidité ou la répétition des contractions de cet ensemble de muscles que l’on trouve chez Emy.

Emy est une sonde vaginale connectée, développée par la start-up strasbourgeoise Fizimed. Le but de ce dispositif médical ? Permettre aux femmes, généralement concernées après un accouchement, de rééduquer et tonifier leur périnée à domicile. Utile pour lutter contre l’incontinence urinaire et, éventuellement aussi, améliorer ses rapports intimes.

« C’est un problème de santé publique »

La sonde a en effet été conçue (« avec bluetooth low energy et des matériaux biocompatibles », dixit Fizimed) de façon à ce qu’elle soit facile à utiliser, que la femme puisse être libre de le faire où elle veut. Cette facilité d’usage et les jeux sur mobile connectés aux contractions du périnée doivent garantir une pratique régulière, nécessaire pour obtenir des résultats. Ces derniers, grâce au biofeedback, sont enregistrés et la progression peut être suivie sur l’application mobile.

L’objectif de Fizimed est aussi de dédramatiser et vulgariser la rééducation du périnée, parce que « le problème de l’incontinence urinaire touche plus de monde que ce qu’on pense. C’est un vrai problème de santé publique », estime Emeline Hahn, cofondatrice de la start-up, qui chiffre qu’une Française sur dix est concernée. Parmi elles, notamment, les femmes après leur accouchement ou les quadragénaires qui n’ont, par le passé, pas correctement fait leur rééducation. Il y a aussi les femmes ménopausées ainsi que les sportives, même celles qui n'ont pas eu d'enfants.

Seule à domicile plutôt qu’avec un professionnel ?

Autant de femmes jusque-là amenées à se rendre chez un kinésithérapeute ou une sage-femme pour des séances de rééducation au cabinet. La sonde Emy leur fera-t-elle de la concurrence ? « Le besoin est venu des kinés qui nous ont dit que les patientes ne faisaient pas forcément les exercices demandés à la maison. Les jeux de l’application sont calqués sur leurs exercices. Et puis le périnée se travaille tout au long de la vie, pas juste pendant les dix séances qui suivent un accouchement », répond Emeline Hahn.

Kinésithérapeute à Strasbourg, Laure Zahnd voit en cette sonde connectée « plutôt une bonne chose ». La praticienne dénonce les spots publicitaires présentant « les serviettes hygiéniques comme seule possibilité face à l’incontinence urinaire ». Elle ajoute : « En séance, je ne fais pas que brancher la sonde. J’explique comment contracter le périnée. Celle qui n’a pas appris à isoler ce muscle risque de contracter le fessier, et cela peut fausser le résultat. Donc je reste à côté des patientes et je contrôle visuellement si elles ne contractent pas ailleurs. »

La kinésithérapeute liste par ailleurs d’autres moyens de travailler son périnée comme des perles d’exercices (aussi appelés œufs de yoni). Si elles ne permettent pas de suivre ses résultats sur son téléphone, elles coûtent moins chères que la sonde connectée, vendue 199 euros. Certaines mutuelles en remboursent une partie, 400 produits sont prévendus, et un essai est en cours auprès du CMCO des Hôpitaux universitaire de Strasbourg.