Cabines à UV : «On n’a pas trouvé pire pour créer des cancers de la peau»

DECISION Dans un avis rendu ce mercredi, l'Anses demande l'interdiction des cabines de bronzage en France...

Propos recueillis par Anissa Boumediene

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L'usage de cabine à UV présente un risque avéré de développer un cancer de la peau, prévient l'Anses, qui plaide pour l'interdiction de ces appareils de bronzage.
L'usage de cabine à UV présente un risque avéré de développer un cancer de la peau, prévient l'Anses, qui plaide pour l'interdiction de ces appareils de bronzage. — SIERAKOWSKI/ISOPIX/SIPA
  • L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) demande l’interdiction des cabines à UV artificiels en France, qui démultiplient les risques de développer un cancer de la peau.
  • Dans un avis rendu ce mercredi, l’agence rappelle que ces appareils ont été à l’origine de 400 cas de cancers de la peau en 2015.
  • Des pays, comme l’Australie, ont déjà interdit l’usage des cabines à UV.

Une peau dorée. Un teint hâlé. Nombreux sont celles et ceux qui aiment afficher une bonne mine comme au retour des vacances. Pour certain(e) s, la solution, c’est un passage dans un centre de bronzage pour une séance dans une cabine à UV. Sauf que ces appareils de bronzage artificiel sont loin d’être les alliés d’une peau en bonne santé.

Dans un avis rendu ce mercredi, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) évoque un risque de cancer « avéré » en cas d’utilisation des cabines à UV et réclame leur interdiction. A l’instar de l’Australie, où l’usage de ces équipements est désormais interdit, l’Anses demande « aux pouvoirs publics de prendre toute mesure de nature à faire cesser l’exposition de la population aux UV artificiels ». Selon le document, s’exposer à des rayons artificiels ne serait-ce qu’une fois avant l’âge de 35 ans, augmente de 59 % les risques de développer un cancer de la peau. « On n’a pas trouvé pire pour créer des cancers de la peau que de s’exposer à ce type d’UV », confirme le Dr Caroline Robert, dermatologue et directrice du service d’onco-dermatologie de l’Institut Gustave-Roussy, qui détaille pour 20 Minutes les risques que représentent ces cabines à UV.

Quelles conséquences l’usage de cabines à UV a-t-il sur la santé et sur la peau ?

On sait depuis plusieurs années que les cabines de bronzage augmentent les risques de développer des cancers cutanés, allant du carcinome au cancer de la peau le plus dangereux, le mélanome malin. Chaque année en France, des centaines de personnes développent un mélanome malin du fait de l’utilisation de cabines de bronzage.

Forcément, nous, les dermatologues, sommes farouchement opposés à l’utilisation de ces appareils, qui représentent la même nocivité sur la santé et le risque de cancer que le tabac par exemple. Il y a des gens qui se plaisent faire des UV, mais ils doivent bien avoir conscience des risques qu’ils encourent pour leur santé : c’est dangereux pour eux, les cancers de la peau peuvent être très graves, voire mortels.

Concernant la peau, l’exposition aux UV artificiels a d’autres effets délétères. Elle entraîne le vieillissement accéléré de la peau, qui est bien plus rapide avec les cabines de bronzage qu’avec le soleil.

Pourtant, l’idée que les cabines à UV préparent la peau au soleil est assez répandue. Est-ce vrai ?

Absolument pas, c’est idiot de croire ça. D’autant plus que les personnes qui veulent « préparer leur peau » au soleil ou qui souhaitent avoir un teint hâlé sont généralement celles qui ont la peau la plus claire. Pour elles, l’exposition aux UV artificiels est encore plus dangereuse. Elle n’assure aucune protection contre les effets délétères des UV pas plus qu’elle ne protège des coups de soleil.

Si l’on tient vraiment à préparer sa peau au soleil, par exemple avant de partir en vacances, il vaut mieux s’exposer très progressivement au soleil (naturel) en se protégeant avec une crème solaire dotée d’un indice de protection élevé.

Pour certaines maladies de peau, comme le psoriasis, des séances de puvathérapie (ou UV thérapeutiques) peuvent être prescrites. Les risques sont-ils les mêmes qu’avec des cabines à UV classiques ?

Non, c’est totalement différent. La puvathérapie est un dispositif encadré par un médecin, des médicaments oraux sont prescrits pour optimiser le traitement et les appareils sont étroitement contrôlés. Après, il y a quelques cas de cancer de la peau chez des personnes ayant eu un traitement par puvathérapie, mais les risques sont mesurés.

C’est incomparable avec les machines que l’on peut trouver dans les centres de bronzage et qui très souvent échappent à tout contrôle et ne sont pas bien réglées, ce qui décuple leurs risques sanitaires.

Si on a recours aux cabines de bronzage, quelle est la marche à suivre en termes de prévention ?

En premier lieu, il faut évidemment arrêter de faire des UV ! Ensuite, en fonction de la fréquence d’exposition aux UV de ces appareils et de son type de peau, il faudra consulter un dermatologue qui examinera la peau et contrôlera les grains de beauté.