Androcur: Une IRM doit obligatoirement être faite avant une première prescription

TUMEUR L’Agence du médicament ANSM demande aux médecins de redoubler de vigilance avec leurs patients traités par Androcur ou l’un de ses génériques…

20 Minutes avec agences

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Illustration IRM
Illustration IRM — PHILIPPE MERLE / AFP

Nouvelles recommandations concernant l’Androcur. Un examen d’imagerie IRM du cerveau devra être fait sur toute personne sur le point de débuter un traitement avec ce médicament ou ses génériques, a indiqué ce lundi l’Agence du médicament ANSM.

Son utilisation est aussi à proscrire pour traiter des problèmes comme l’acné, la peau grasse ou une pilosité modérée, des cas ne correspondant pas à son autorisation de mise sur le marché. De plus, l’acétate de cyprotérone (le principe actif de l’Androcur) n’est « pas recommandé chez l’enfant » ni chez les femmes ménopausées.

Un suivi plus assidu de la part des soignants

On savait depuis plusieurs années que l’Androcur augmente le risque de développer des méningiomes, forme de tumeur au cerveau souvent bénigne. Mais une étude de l’ANSM et de l’Assurance maladie publiée fin août a enfin quantifié le risque pour les femmes : il est multiplié par sept pour celles traitées à fortes doses cumulées plus de six mois de suite, et multiplié par 20 après cinq années de traitement.

Le comité d’experts réunis par l’ANSM s’est prononcé « pour le maintien de la commercialisation de l’acétate de cyprotérone 50 mg en France […] mais en renforçant l’encadrement et le suivi de ces traitements », précise le communiqué.

Il est demandé aux médecins de « prendre contact avec leurs patients sous Androcur », de l’administrer à des doses minimales et « en limitant au maximum les traitements prolongés », explique Jean-Michel Race, directeur des médicaments d’endocrinologie et de gynécologie à l’ANSM. Ce suivi doit permettre de déterminer si un examen IRM est nécessaire.

Un numéro vert et gratuit

En cas de découverte d’un méningiome, le traitement doit être arrêté définitivement. « Si on arrête le traitement, en général, ça régresse », explique l’endocrinologue. En cas de poursuite du traitement, l’IRM doit être renouvelée cinq ans après son début, puis tous les deux ans si elle s’avère normale.

Chez les patients ayant arrêté le traitement, il n’est en revanche pas nécessaire de réaliser une IRM cérébrale en l’absence de signe clinique. Pour « répondre aux interrogations » des patients, l’ANSM a mis en place en septembre un numéro vert (0 805 04 01 10) accessible gratuitement du lundi au vendredi (9 heures à 19 heures).