Sept bébés sont nés sans bras dans le même secteur de l'Ain, un phénomène inexpliqué

MALFORMATIONS Entre 2009 et 2014, sept bébés sont nés sans bras ou sans main autour du même village de l’Ain. Un phénomène suivi par le Registre des malformations congénitales de Rhône-Alpes…

Elisa Frisullo

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Un bébé. Illustration.
Un bébé. Illustration. — Fujikama
  • Entre 2009 et 2014, sept bébés sont nés sans bras ou sans main autour du même village de l’Ain.
  • Cette série de malformations, survenues dans un rayon de 17 km, a été suivie par le Registre des malformations congénitales de Rhône-Alpes mais reste inexpliquée.

 

Le nombre de cas recensés dans le même secteur géographique est tel qu’il laisse peu de place au hasard. Depuis quelques jours, Druillat dans l’Ain fait la une de l’actualité suite à un reportage de France 2 consacré à une série de malformations observées sur des bébés nés dans un rayon de 17 km autour de ce paisible village.

Entre 2009 et 2014, sept enfants sont nés sans bras ou sans main selon un rapport du Registre des malformations congénitales de Rhône-Alpes (Remera), qui a publié cet été son rapport final sur ces cas multiples d’agénésie transverse des membres supérieurs.

Une fréquence 58 fois plus élevée que la normale

Dans le monde entier, la fréquence habituelle de cette malformation est de 1,8 pour 10.000 naissances. Le nombre de malformations observées dans l’Ain est donc 58 fois plus élevé que la normale, selon le registre de surveillance qui, après l’alerte donnée par un généraliste de l’Ain en 2010, a rencontré les mères de famille concernées.

Les facteurs alimentaires, comportementaux, médicamenteux, génétiques ont été écartés. « On a interrogé toutes les mères avec un questionnaire très poussé sur leurs habitudes de vie. Le seul point commun c’est que ce sont toutes des femmes qui vivent en zone rurale au milieu de champs de maïs et de tournesol », explique dans le reportage l’épidémiologiste et directrice du Remera Emmanuelle Amar, qui assure avoir alerté les autorités dès 2014.

Si ce « cluster » de malformations semble difficilement pouvoir être dû au hasard, les investigations menées par le Remara n’ont pas permis jusqu’alors d’en déterminer la cause. La piste agricole reste une hypothèse, selon le registre des malformations qui demande que les autorités sanitaires s’emparent du sujet en l’associant aux études.