Maladie de Lyme: L'Inra lance une «tiquothèque» pour mieux connaître l'insecte suceur de sang

COLLECTE Avec cette collecte, les scientifiques de l’Inra espèrent recueillir un maximum de données sur cet acarien, vecteur de maladies potentiellement graves…

20 Minutes avec agences

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Une tique (illustration)
Une tique (illustration) — AP/SIPA

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Champenoux (Meurthe-et-Moselle) a lancé auprès des particuliers une collecte de tiques pour créer une « tiquothèque ». Le but est de mieux connaître l’acarien suceur de sang, potentiellement vecteur de pathologies graves, dont la maladie de Lyme.

Les tiques récupérées sont placées dans un sac en plastique et identifiées en fonction de différentes caractéristiques, comme le sexe et l’âge de la personne mordue, la date et le lieu de la morsure. L’ADN de l’acarien est ensuite extrait et étudié dans le laboratoire de Champenoux ou sur un site de l’Inra à Maisons-Alfort (Val-de-Marne).

Une « tiquothèque » pour faire avancer la recherche

Dès l’été 2017, l’Inra avait lancé dans le cadre du projet Citique, une collecte auprès des particuliers pour dresser une cartographie des tiques piqueuses et déterminer les différents agents infectieux transmis par ce parasite. En parallèle, une application « Signalement tique » a été lancée en partenariat avec le ministère de la Santé et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et du travail (Anses). Plus de 11.000 signalements ont déjà été recensés.

Avec cette collecte inédite, l’institut souhaite créer une « tiquothèque » pouvant servir aux chercheurs du monde entier. « C’est très précieux ce qu’il y a là-dedans, beaucoup d’investissement des citoyens et une banque de données très riche », commente Pascale Frey-Klett, directrice de recherches à l’Inra à Champenoux. « Pour avoir une prévention efficace, il faut connaître de manière précise l’écologie des tiques […]. Plus on aura d’échantillons, plus on aura d’informations sur la tique, son comportement, sa répartition géographique. »

4.198 morsures recensées en dix mois

Pas moins de 4.198 morsures de tiques sur des humains ont été recensées entre juillet 2017 et avril 2018. Les adultes de 20 à 60 ans (56 %) sont les plus touchés. Les morsures surviennent le plus souvent dans les massifs forestiers (53 %), mais aussi dans les jardins privés (27 %).

Véritable réservoir à micro-organismes, la tique est un vecteur de nombreuses bactéries, virus et autres parasites. Parmi les quelque 900 espèces de tiques dans le monde, seules quelques-unes transmettent des maladies potentiellement graves comme la borreliose de Lyme, qui peut entraîner notamment fatigue, douleurs articulaires et problèmes cardiovasculaires ou neurologiques. En France, 25.000 nouveaux cas sont recensés chaque année.