Virus du Nil occidental: Pourquoi il faut se protéger des piqûres de moustiques dans le sud de la France?

VIGILANCE Vingt personnes ont été infectées cet été dans les Alpes-Maritimes et le Vaucluse…

Fabien Binacchi

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Illustration d'un moustique en train de piquer le doigt d'un homme.
Illustration d'un moustique en train de piquer le doigt d'un homme. — G.Lacz / Rex Featu/REX/SIPA
  • L’Agence régionale de santé indique que le virus du Nil occidental est en « circulation » en Paca, où vingt cas ont déjà été diagnostiqués.
  • La maladie, transmise par la piqûre de certains moustiques, est en recrudescence dans plusieurs autres pays européens.

L’Agence régionale de santé (ARS) vient de mettre en garde contre le virus du Nil occidental, « en circulation » dans la région Paca. Elle recommande à la population de se protéger des piqûres de moustiques.

Quelle est la situation ?

Depuis le 7 juillet, dix-neuf cas du virus du Nil occidental ont été recensés dans les Alpes-Maritimes. Et un vingtième a été diagnostiqué dans le Vaucluse. « Il n’y a pas eu d’autres cas confirmés depuis trois semaines. Mais il y a aussi des patients asymptomatiques qui n’ont donc pas été comptabilisés », explique le docteur Christine Ortmans, responsable veille et sécurité sanitaire à l’ARS.

L’Etablissement français du sang et l’Agence de biomédecine ont mis en place des « mesures de sécurisation des dons de sang et d’organes temporaire » dans les départements concernés.

Comment le virus est-il transmis ?

Les humains peuvent être contaminés via des moustiques (Culex) infectés au contact d’oiseaux migrateurs. Il est donc important de se protéger des piqûres. Mais contrairement au virus de la dengue, Zika ou du chikungunya, un humain infecté par le virus du Nil occidental ne peut pas à son tour transmettre la maladie.

Que risque-t-on en cas de contamination ?

La majorité des personnes infectées serait asymptomatique (c’est-à-dire ne présentant aucun symptôme). Dans d’autres cas, il y a un syndrome pseudo-grippal « qui doit obligatoirement faire l’objet d’une consultation », explique le Dr Ortmans.

« Car des complications neurologiques potentiellement graves peuvent apparaître, poursuit la responsable. Sur les vingt patients contaminés, trois ont dû être hospitalisés pour une méningo-encéphalite. Ils sont aujourd’hui en voie de guérison car ils ont été pris à temps. »

Comment expliquer ces cas ?

« Jusqu’à présent, nous étions plutôt épargnés, à l’inverse d’autres pays européens, note la médecin de l’ARS. Cet été, il y a eu plus de 300 cas en Italie [dont plusieurs morts]. Et ça a débordé sur le Sud de la France parce que le couloir migratoire des oiseaux était là. »

Le phénomène est donc la conséquence de plusieurs paramètres. La localisation de ce couloir, la présence plus ou moins d’importante d’oiseaux et la concentration en moustiques. Le nombre de cas pourrait donc augmenter comme être diminué dans les années à venir.