Mayotte: L'hôpital est «en situation de crise permanente» selon sa directrice

CRISE La situation difficile de l’hôpital de Mayotte a été signalée à une délégation de la commission des lois de l’Assemblée nationale en visite jusqu’à ce vendredi…

20 Minutes avec agences

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L'hôpital de Mayotte est dans une situation difficile en raison du manque de ressources humaines et matérielles. (Illustration)
L'hôpital de Mayotte est dans une situation difficile en raison du manque de ressources humaines et matérielles. (Illustration) — GILE MICHEL/SIPA

Les mots sont forts. Le centre hospitalier de Mayotte est « en situation de crise permanente », a déclaré ce lundi Catherine Barbezieux. La directrice de l’établissement recevait une délégation de la commission des lois de l’Assemblée nationale en déplacement cette semaine dans le 101e département français.

Les difficultés de la maternité de l’unique hôpital de l’île ont notamment été soulignées. En moyenne, 16 naissances sont enregistrées toutes les 24 heures, et jusqu’à 30 lors d’une « suractivité ». « On triple [souvent] les chambres » et les mères sont transférées vers les petites maternités périphériques trois heures seulement après l’accouchement, afin de libérer de l’espace, a expliqué une coordinatrice en maïeutique aux membres de la délégation.

Manque de ressources humaines et matérielles

Les membres de la commission - dont sa présidente Yaël Braun-Pivet - ont également visité les urgences. Selon Jeanne Duprat, chef de service, 10 % des consultations relèvent des urgences vitales, contre 5 % à 6 % en métropole. Le personnel médical traite « beaucoup de pathologies graves », une situation liée entre autres à une « sous-éducation médicale ».

Par ailleurs, le nombre d’évacuation sanitaires (environ 2.000 par an) vers Paris ou La Réunion est important en raison du manque de ressources humaines et matérielles. La délégation de la commission des lois a aussi pu constater le manque de lits en psychiatrie (10 pour l’ensemble du territoire) ainsi que l’absence de certains services comme la victimologie.

Six médecins titulaires à temps plein

Le territoire souffre enfin d’un manque d’attractivité. Sur les 33 postes de médecins du centre hospitalier, seuls six sont des praticiens titulaires à temps plein, « le reste sont des contractuels qui tournent », a déploré la responsable des urgences, évoquant un « grand turn-over » déstabilisant l’organisation des services.

En visite jusqu’au vendredi 28 septembre, la délégation de la commission des lois a indiqué s’être déplacée afin de « mieux connaître le territoire » pour appréhender d’une meilleure façon « les textes de lois ou politiques publiques » qui concerneront le département.