Lyon: Une salle de sport à l'hôpital pour aider les patients à guérir du cancer

MALADIE Le centre Léon Bérard de Lyon est le premier en Auvergne-Rhône-Alpes à se doter de ce type de structure...

Caroline Girardon

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Le centre Léon Bérard de Lyon s'est dotée d'une salle de sports pour aider les patients à vaincre leur cancer et mieux supporter leur traitement. Lancer le diaporama
Le centre Léon Bérard de Lyon s'est dotée d'une salle de sports pour aider les patients à vaincre leur cancer et mieux supporter leur traitement. — CLB
  • Le centre anti-cancéreux Léon Bérard de Lyon vient d’ouvrir une salle de sport à l’intérieur de ses murs.
  • Une première en région Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Il s’agit d’aider les patients à vaincre leur maladie et mieux supporter leur traitement.
  • Pratiquer une activité physique réduit de 30 % la fatigue.

Faire du sport quand on est en chimiothérapie, l’idée pourrait paraître saugrenue. La fatigue engendrée par la lourdeur des traitements dissuade plus d’un patient de pratiquer une activité physique. Pourtant, il n’y a pas de meilleur remède. Le centre anti cancéreux Léon Bérard de Lyon vient d’ouvrir l’espace Pyramide, le premier du genre en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’agit d’une salle de sport avec toutes les machines que l’on peut trouver dans une salle de fitness, installée au sein même de l’établissement. Une petite révolution. Avant, les séances sportives se déroulaient dans le hall ou au hasard des salles disponibles.

Sept coachs assurent quotidiennement des cours collectifs le matin allant du yoga à la zumba et des entraînements individuels l’après-midi. Sans oublier des séances en extérieur consacrées à la marche nordique ou au circuit training. Soit 50 heures par semaine.

La fatigue réduite de 30 %

« La fatigue entraîne souvent la sédentarité. Or, le fait de ne pas bouger fait que l’on va perdre de la masse musculaire. La moindre activité va ensuite demander plus d’effort et donc générer plus de fatigue. Pratiquer une activité physique réduit de 30 % la fatigue. C’est plus efficace que n’importe quel autre dispositif », expose Axel Lion, responsable de l’espace. D’ailleurs, ici on ne parle pas vraiment de sport mais d’activité physique adaptée. Chacun va à son rythme.

« On ne cherche pas la performance mais le bien-être », précise Rodolf Mongondry, l’un des coachs, persuadé qu’il « faut commencer le sport tout de suite, dès l’annonce du diagnostic si possible ». « Les bénéfices psychologiques et sociaux sont démontrés », affirme-t-il. « Cela permet de mieux tolérer les traitements et prolonger leur efficacité. Faire du sport après les traitements diminue aussi le risque de rechute », ajoute Perrine Marec-Bérard, pédiatre oncologue.

« Poursuivre une activité, c’est déjà une façon de ne pas se sentir handicapé »

« Poursuivre une activité, c’est déjà une façon de ne pas se sentir handicapé. Tous nos patients le disent : dès qu’ils viennent dans la salle, ils n’ont pas l’impression d’être à l’hôpital », enchaîne Magalie Hureau, responsable de la coordination du Projet ETTAP (éducation thérapeutique aux patients et aux proches) dont dépend la salle de sport. Un argument partagé par Isabelle, croisée en cours de zumba. Mère de famille, elle est atteinte d’une leucémie myéloïde fibreuse depuis 1999 et attend une greffe depuis deux ans et demi.

C’est la première fois qu’elle venait à La Pyramide. « Durant ces dernières années, j’ai rencontré beaucoup de personnes atteintes de cancer, mais très concentrées sur leur maladie. Elles n’arrivent pas à faire un pas vers la joie. Moi, je me dis autant bouger que d’attendre que la maladie progresse », sourit-elle, pleine d’énergie. « A chaque fois que j’ai arrêté de faire du sport, ça m’a miné le moral et la santé », poursuit-elle. Désormais, Isabelle a rechaussé ses baskets. « On est satisfait même quand on fait des mini-pas. On le ressent tout de suite dans notre corps. C’est absolument nécessaire. La preuve : mes derniers résultats sont excellents ».