Rappels de valsartan: Risque de pénurie après le rappel de ce médicament contre l'hypertension

MEDICAMENT L'ANSM a rappelé des médicaments après qu'un produit cancérigène a été retrouvé dans des boîtes de valsartan, prescrit pour l'hypertension et l'insuffisance cardiaque...

Oihana Gabriel

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Illustration d'une pharmacie
Illustration d'une pharmacie — Yann Bohac/SIPA
  • Début juillet, l’Agence nationale de sécurité du médicament a rappelé des stocks de médicaments à base de valsartan.
  • Une substance classée comme probablement cancérogène chez l’homme est apparue au cours de la fabrication de la substance dans une usine chinoise.
  • Les stocks de ces médicaments, très prescrits, risquent donc de connaître une pénurie jusqu’à la mi-novembre.

C’est une alerte qui a pu passer sous les radars pour cause de vacances estivales, et pourtant, elle devrait intéresser nombre de patients. En particulier ceux qui suivent un traitement à base de valsartan, un médicament très utile en cas d’hypertension (10 millions de personnes), d’insuffisance cardiaque ou pour les patients qui ont subi un infarctus. Or, certains de ces médicaments ont été rappelés par l’Agence nationale de sécurité du médicament à cause d’un défaut de fabrication. Une décision qui risque de provoquer une rupture de stocks… et donc un risque important pour les patients concernés.

Pourquoi le rappel ?

L’ANSM a été alertée d’un défaut de qualité du à la présence d’une impureté dans une usine chinoise  de matière première qui s’occupait de la fabrication de ces médicaments à base de valsartan. Une substance cancérigène s’est donc retrouvée dans ces boîtes de médicaments. Tous les lots concernés identifiés comme contaminés ont été mis en quarantaine dès la fin juin 2018.

Et après analyses, l’ANSM dévoile que neuf fabricants sur treize ont été touchés. En clair, sur les 1,5 million de patients français sous valsartan, la moitié sont concernés par un traitement potentiellement dangereux à long terme pour leur santé, soit 750.000 Français. Une enquête au niveau européen est en cours et devrait apporter plus d’information sur le risque encouru.

Quels risques ?

« Il n’y a pas de risque aigu pour les patients », rassure Nicolas Thévenet, directeur des dispositifs médicaux. « Il est fondamental qu’il n’y ait pas de panique, alerte Joseph Emmerich, cardiologue. Le risque théorique lié à ce défaut de fabrication est faible. En revanche il est beaucoup plus dangereux d’avoir une rupture intempestive de ce traitement. » Les patients hypertendus risquent ainsi de faire un AVC. Un numéro vert gratuit a été mis en place par l’ANSM pour que les patients et leur entourage obtiennent toutes les informations nécessaires : 08.00.97.14.03.

Problèmes d’approvisionnement

L’ANSM ne cache pas son inquiétude concernant des tensions dans l’offre. On parle en effet de millions de boîtes nécessaires en France. « À partir du mois de septembre, certaines pharmacies ne seront peut-être plus en mesure de vous délivrer votre médicament à base de valsartan », a averti ce mardi l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un point d’information. « On a demandé aux industriels d’augmenter leur production », assure le directeur de l’ANSM Dominique Martin. Tout en prévenant que d’ici la mi-novembre, l’offre ne serait pas à la hauteur de la demande.

Depuis la fin août, les médecins sont donc invités à prescrire en priorité du valsartan aux patients pour lesquels il n’existe pas d’alternative. La bonne nouvelle étant qu’il existe beaucoup de possibilités de substitution : des médicaments « sartans » et une douzaine d’autres pilules disponibles.

« Tous les médecins connaissent parfaitement bien ces médicaments », ajoute Joseph Emmerich, qui encourage donc tous les patients concernés à consulter leur médecin pour voir s’ils doivent absolument continuer à prendre du valsartan ou s’ils peuvent trouver un médicament de substitution. « C’est une chance, le valsartan n’est pas le produit le plus prescrit pour ces maladies », renchérit le directeur de l’ANSM, avant de conclure : « Il n’y aura pas de déficit de traitement. »

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