En 2017, la France a dépensé près de 3.000 euros par Français pour leur santé

ECONOMIE La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dévoile ce lundi les derniers chiffres des dépenses de santé en 2017….

Oihana Gabriel

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Illustration d'un fauteuil roulant ici dans les couloirs d'un hôpital.
Illustration d'un fauteuil roulant ici dans les couloirs d'un hôpital. — C. Allain / 20 Minutes
  • La Drees publie ce lundi les résultats des comptes de santé de 2017. 
  • Autant de chiffres et statistiques qui peuvent intéresser le gouvernement et le président, une semaine avant les annonces d'une grande réforme du système de santé.
  • La France a dépensé presque 200 milliards d'euros pour la santé en 2017, pays où le reste à charge est le plus faible dans l'OCDE. 

Voilà un document qui devrait intéresser les conseillers d’Agnès Buzyn et de l’Elysée. Une semaine avant les annonces d’un grand plan pour réformer le système de santé, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques  Drees  publie son traditionnel bilan des comptes de la santé française en 2017. Que retenir de ce document de 222 pages ? 20 Minutes a sorti quatre informations pour résumer cet état des lieux détaillé.

Près de 3.000 euros dépensés par Français en 2017

Alors que certains estiment qu’on dépense trop pour la santé quand d’autres regrettent qu’on impose trop d’économies, ces chiffres et comparaisons internationales apportent des éclairages très parlants. En moyenne, on a dépensé en France 2.977 euros par habitant, soit au total 199,3 milliards d’euros pour la santé en 2017. Soit 11,5 % de son PIB, 1,1 point de plus que la moyenne de l’Union Européenne à 15.

Dans le détail, ce chiffre se décline en soins hospitaliers (92,8 milliards d’euros), les soins de ville (53,4 milliards d’euros), les médicaments délivrés en ville (15,5 milliards d’euros) et les autres biens médicaux (transports sanitaires, optique, pour 5 milliards d’euros). La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) est financée à 77,8 % par la Sécurité sociale. « Cette part a progressé de 0,2 point en moyenne par an entre 2008 et 2017, notamment du fait de la hausse du nombre d’assurés exonérés du ticket modérateur liée au vieillissement de la population et au développement des pathologies chroniques », précise le service statistique du ministère de la santé.

Des dépenses qui s’infléchissent à 1,3 %

Côté évolution, les dépenses continuent d’augmenter, mais plus lentement. En clair, en 2017, la croissance des dépenses de santé s’infléchit à +1,3 % en 2017, alors que ce chiffre avait connu une augmentation de 2 % en 2016. Comment l’expliquer ? Selon la Drees, par un fort ralentissement des soins hospitaliers (+0,9 % contre +1,7 % en 2016). Les dépenses pour les médicaments restent en revanche stables. Les soins de ville, qui recouvrent les soins en cabinets libéraux et en dispensaires, les analyses de biologie ainsi que les cures thermales augmentent de 2,5 %. Sans doute une preuve que le virage de l’ambulatoire est bien amorcé : les patients sortent plus tôt de l’hôpital et sont donc davantage suivis chez eux.

Un reste à charge à 7,5 %

Depuis 2008, ce reste à charge décline. Et cette diminution se confirme cette année : il est passé de 9,4 % en 2008 à 7,5 % en 2017 pour les Français. En moyenne, les citoyens dépensent donc en un an 223 euros par habitant. La France caracole en tête : c’est le pays de l’OCDE où le reste à charge est le plus faible !

Une majorité de Français attachés à leur système de santé

Et cette étude donne aussi des billes sur l’opinion publique concernant notre système de santé. Malgré les multiples critiques sur ce dernier, les Français tiennent à cette organisation : deux tiers approuvent son caractère universel et la quasi-totalité considère qu’il doit rester essentiellement public. Même si le reste à charge baisse, « près de six Français sur dix, en particulier les plus modestes et ceux en moins bonne santé, trouvent toutefois qu’il reste trop élevé », alerte ce document. Autre donnée intéressante : ils sont très sensibles aux inégalités d’accès aux soins. Plus de la moitié d’entre eux estiment que la qualité des soins dépend du niveau de revenus.

La question géographique, particulièrement criante dans les déserts médicaux, revient également : « six sur dix pensent que les délais d’attente dépendent du lieu d’habitation. Et plus d’un tiers pensent qu’il n’y a pas assez de médecins généralistes à proximité de chez eux. »

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