L'Androcur, un traitement hormonal et contraceptif, multiplierait le risque de tumeur au cerveau

MÉDICAMENT Utilisé comme contraceptif, traitement contre l’acné ou contre l’hirsutisme, l’Androcur présente des risques importants pour la santé en cas d’utilisation prolongée…

20 Minutes avec agence

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Le traitement anti-acné Diane 35, largement prescrit comme pilule contraceptive (illustration).
Le traitement anti-acné Diane 35, largement prescrit comme pilule contraceptive (illustration). — Philippe Huguen AFP

Après le scandale des implants contraceptifs et celui des pilules de troisième génération, un nouveau traitement prescrit à de nombreuses femmes suscite l’inquiétude. L’Androcur, médicament hormonal dérivé de la progestérone, est depuis quelques jours dans le viseur des autorités sanitaires, rapporte L’Express.

Selon une récente étude menée par l’Assurance maladie et une équipe de l’hôpital Lariboisière (Paris), ce traitement pourrait avoir des effets néfastes sur la santé des patientes. L’acétate de cyprotérone qu’il contient favoriserait le risque de développer un méningiome, tumeur cérébrale souvent bénigne mais aux lourdes séquelles.

Risque de tumeur en cas d’exposition prolongée

Selon l’étude, la prise d’Androcur multiplie par 7 le risque de méningiome chez les femmes traitées plus de six mois. Si l’exposition est prolongée au-delà de cinq ans, le risque est multiplié par vingt. Entre 2007 et 2015, 500 femmes traitées ont ainsi été opérées d’un méningiome.

Face à ces conclusions inquiétantes, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a créé un comité scientifique temporaire composé de spécialistes, dont des gynécologues et des endocrinologues. Ils devront réviser « d’ici à la fin de l’année » les indications de ce médicament, commercialisé par Bayer depuis les années 1980.

Une pilule contraceptive non autorisée

« J’ai commencé à me poser des questions le jour où j’ai vu deux patientes sous Androcur atteintes de méningiomes multiples, dont l’une était sur le point de devenir aveugle », explique Sébastien Froelich, neurochirurgien à Lariboisière, qui a lancé l’alerte en 2008. La création d’un groupe de travail dans l’établissement parisien a pu aboutir à l’ouverture de cette enquête.

Généralement prescrit contre l’acné ou l’hirsutisme, l’Androcur sert également de traitement contre l’endométriose. On le retrouve aussi comme contraceptif (Diane, Diane 35) en association avec l’éthinylestradiol. Un usage pour lequel Bayer n’a pas reçu « d’autorisation de mise sur le marché ».

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