Perturbateurs endocriniens, allergisants... Comment trouver les produits pour bébés les plus sains et efficaces?

CONSO Le magazine « 60 millions de consommateurs » consacre dans son dernier numéro un dossier sur les produits pour bébés, et pointe les cosmétiques contenants des substances toxiques ou allergisantes…

Anissa Boumediene

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Quelques conseils pratiques permettent de trouver les produits cosmétiques les plus sains pour les bébés.
Quelques conseils pratiques permettent de trouver les produits cosmétiques les plus sains pour les bébés. — Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA
  • Le magazine « 60 millions de consommateurs » consacre dans son dernier numéro un dossier sur les produits de toilette pour bébés.
  • Dans son étude comparative, le magazine relève pour chaque gamme de produits ceux qui sont les plus vertueux et ceux contenant des substances toxiques ou allergisantes.
  • Mais quelques conseils pratiques permettent d’y voir plus clair et de choisir les produits pour bébés les plus sains et efficaces.

Un parfum agréable, une pub à la télé qui attire l’œil, un prix contenu, une marque leader du marché ou bien du bio. Quand on est parent, à chacun ses repères pour choisir au mieux cosmétiques et couches pour son bébé. Mais face à l’offre pléthorique dans les rayons des grandes surfaces et des pharmacies, difficile de s’y retrouver et d’identifier les produits les plus vertueux et efficaces.

Dans son dernier numéro en kiosques, le magazine 60 millions de consommateurs consacre ainsi un dossier spécial à ces produits pour bébés, distinguant les bons et les mauvais élèves. « La majorité des produits pour bébés écartent les ingrédients les plus préoccupants, rassure Victoire N’Sondé, journaliste qui signe cette enquête. Mais il reste du progrès à faire ». Eviter les résidus toxiques et les perturbateurs endocriniens, trouver des produits sains et performants pour prendre soin de la peau fragile des bébés : quelques conseils pratiques permettent d’y voir plus clair.

Privilégier les produits ayant le moins d’ingrédients (chimiques) possible

Les cosmétiques pour bébés, c’est comme les biscuits et les plats que l’on achète au supermarché. Pour choisir les produits les plus sains dans une même gamme, « il faut lire la composition sur les emballages, et privilégier ceux dont la liste d’ingrédients est la plus courte », conseille Victoire N’Sondé.

En pratique, il faut examiner les ingrédients contenus dans les produits de toilette pour bébés, et savoir reconnaître ceux qu’il faut éviter. Parmi eux : le phénoxyéthanol, un conservateur controversé utilisé pour prévenir la prolifération microbienne, et utilisé par des fabricants pour remplacer les non moins controversés parabènes, suspectés d’avoir un effet de perturbateur endocrinien. L’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) considère que ce conservateur aujourd’hui autorisé dans la composition des produits cosmétiques pour bébés « ne garantit pas la sécurité des enfants de moins de trois ans qui y sont particulièrement exposés via les produits d’hygiène et les lingettes », alerte le magazine. « Une précédente étude réalisée par le magazine en 2013 constatait la quasi-omniprésence du phénoxyéthanol dans les lingettes, se souvient Victoire N’Sondé. Mais la pression publique a changé la donne et aujourd’hui, les marques ont presque toutes retiré cet ingrédient toxique de la composition de leurs lingettes. Mais toutes n’y ont pas renoncé, c’est pourquoi nous conseillons aux parents d’appliquer le principe de précaution et de les éviter ». Outre le phénoxyéthanol, « le sodium lauryl sulfate et l’ammomnium lauryl sulfate, des tensio-actifs très irritants, font partie des substances à éviter, ajoute Justine Berteau, ingénieure santé cosmétiques à l’Institut National de la Consommation (INC), qui a participé à l’enquête. Tout comme l’alcool, les parabènes et le methylisothiazolinone, un conservateur très allergisant ».

Eviter les produits parfumés

Autre souci des lingettes, dont l’usage est largement répandu grâce à leur praticité : la présence très fréquente de parfum, potentiellement allergisant. Un cas loin d’être isolé. Lotions nettoyantes, produits lavants, crèmes hydratantes et même couches, les parfums sont omniprésents dans les produits de toilette pour bébés. Or, « un bébé n’est pas un adulte miniature, il n’a pas besoin de sentir bon, martèle Victoire N’Sondé. Non seulement il n’a pas besoin de parfum mais cela peut surtout lui causer des allergies », prévient Victoire N’Sondé, de 60 millions de consommateurs. On privilégie donc ceux qui n’en contiennent pas.

Ne pas se fier à la notoriété d’une marque

Quand on ne sait pas quel produit choisir au sein d’une gamme, la tentation – rassurant — d’acheter celui d’une marque connue est très fréquente. « La composition des produits de grandes marques n’est pas forcément meilleure que celle de marques plus confidentielles, corrige Justine Berteau. Certains produits de grandes marques que nous avons testés affichaient une liste d’ingrédients bien pires que celle de marques peu connues, et contenaient notamment du phénoxyéthanol ».

Pas besoin d’opter pour le produit le plus cher

Pour certains, mettre le prix est gage de qualité. Mais cela ne se vérifie pas systématiquement s’agissant des produits pour bébés. « Il y a de très bons produits, ainsi que des moins bons, tant du côté des marques de distributeurs que du côté des marques vendues en pharmacies », tempère Justine Berteau.

Prenons l’exemple du liniment, cette lotion à base d’huile d’olive et d’eau de chaux utilisée pour nettoyer les fesses des bébés et leur éviter de développer un érythème fessier (d’avoir les fesses rouges quoi !). « Tous les liniments que nos experts ont comparés ont une composition très vertueuse, ils sont dénués de conservateurs, de phénoxyéthanol, d’irritants, d’allergènes et de parfum (à deux exceptions près), se réjouit Victoire N’Sondé. Et ils affichent une liste très resserrée d’ingrédients. Des larges écarts de prix existent entre les différents liniments comparés, mais les moins chers d’entre eux sont tout aussi sains et efficaces. Ce n’est donc pas nécessairement parce que l’on paye plus cher que l’on a de la meilleure qualité ».