Urgences: Qui sont les bons et mauvais élèves de l'enquête du «Point»?

HOPITAL Après le décès de Naomi Musenga, les projecteurs sont braqués sur les urgences, en plein malaise...

O. G.

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Illustration d'un accueil aux urgences.
Illustration d'un accueil aux urgences. — C. Allain / 20 Minutes

Des millions d’appels au secours qui ne trouvent personne à l’autre bout du fil… L’enquête menée sur les services d’urgences français que dévoile ce jeudi Le Point devrait venir nourrir la réflexion sur la performance des urgences.

Fin mai, la mort de Naomi Musenga, qui avait appelé les urgences de Strasbourg mais n’avait pas été sauvée à temps ni prise au sérieux, avait provoqué un tremblement de terre du côté des urgences. Par la suite, les urgentistes avaient confié leurs difficultés, leur manque de moyens et de temps, ou dénoncé l'agressivité des patients… et la ministre avait demandé un état des lieux des urgences.

La ministre de la Santé s'exprimait à l'issue d'une visite aux urgences pédiatriques de l'hôpital Necker à Paris.
La ministre de la Santé s'exprimait à l'issue d'une visite aux urgences pédiatriques de l'hôpital Necker à Paris. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

15 % des appels sans réponse

Plus de deux mois plus tard, Point , qui a passé au crible 101 centres de réception et de régulation des appels du SAMU, dresse un constat inquiétant. Selon l’hebdomadaire, plus de 15 % des appels ne trouvent pas de réponse du côté du SAMU, soit 4,6 millions sur les 29 millions d’appels reçus en 2016.

En outre, seuls 20 Samu ont atteint le seuil de 99 % d’appels pris, recommandé par le syndicat Samu-Urgences de France, le taux moyen d’appels décrochés par les assistants de régulation médical (ARM) se situant à 84 %.

Samu de Paris avant dernier

Et le Samu de Paris 75 AP-HP ne fait pas partie des bons élèves : il est avant-dernier dans le classement des appels décrochés par les 94 centres ayant communiqué leurs données avec un taux de 49,8 %. Soit moins d’un appel sur deux.

Un chiffre alarmant controversé. En effet, dans un communiqué, l’AP-HP a souhaité nuancer ces statistiques : car il existe un large écart entre le taux de seulement 49,8 % d’appels décrochés du Point… contre les chiffres du SAMU de Paris qui estime que ce taux est plutôt de 76 % d’appels décrochés et de 86,8 % pour les quatre SAMU de l’AP-HP. Pourquoi ? Car l’hebdomadaire ne prend pas en compte les nombreux appels par erreur, les appels interrompus parce que le patient le souhaite… « C’est pourquoi il n’est pas exact de compter comme appel non décroché un appel qui s’est interrompu dans un délai inférieur à 15 secondes, élément qui explique une partie des discordances avec les statistiques prises en compte par le Point », précise l’AP-HP dans un communiqué.

L’AP-HP reconnaît que les SAMU peuvent mieux faire

Autre critique : « l’AP-HP n’a pas connaissance de plainte pour une urgence vitale qui n’aurait pas été décrochée et pour laquelle les délais de prise en compte de l’appel auraient créé une perte de chance ».

Mais l’AP-HP reconnaît que les SAMU peuvent mieux faire. « Ces précisions étant apportées, qui atténuent les constats alarmants du magazine, il n’en reste pas moins une volonté de l’AP-HP de tendre vers un niveau de performance conforme aux recommandations pour l’ensemble des appels urgents ». Pour preuve, elle s’engage à rendre publiques, chaque semestre, les données validées, concernant la performance des quatre centres 15 dont elle a la responsabilité.

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