Bretagne: Maintenir la maternité de Guingamp, une menace pour tout le département?

SANTE Deux médecins ont écrit au président de la République...

C.A.

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Illustration de la main d'un nouveau-né.
Illustration de la main d'un nouveau-né. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Jusqu’ici, on avait beaucoup entendu les opposants. Des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes inquiètes du projet de fermeture de la maternité de Guingamp (Côtes d’Armor). Sollicité par des élus lors de son déplacement en Bretagne, le président de la République Emmanuel Macron a décidé d'accorder un délai de deux ans au service des naissances de l’hôpital costarmoricain.

Ce jeudi, les voix qui se font entendre portent un tout autre discours. Dans une tribune publiée dans Libération, les docteurs Benoît Moque et Cynthia Garignon, président et vice-présidente de la commission médicale du centre hospitalier de Saint-Brieuc, s’inquiètent de ce maintien. Les deux professionnels estiment que cette décision «  enterre tout le projet de restructuration du groupement hospitalier d’Armor et toute chance de structurer une offre publique hospitalière de qualité, bien organisée et efficace sur le département des Côtes d’Armor ».

Des soins « de qualité insuffisante »

Les médecins rappellent que la fermeture de la maternité de Guingamp devait permettre une restructuration globale de l’offre de soins dans le département. Le manque de médecins combiné à une démographie en déclin pousse les autorités à payer « des médecins mercenaires » pour boucher les trous dans les services et « pour des soins de qualité insuffisante et potentiellement dangereux ».

Ces dépenses contribueraient à renforcer les «20 millions d‘euros de déficit structurel » du territoire, « soit la moitié du déficit de l’ensemble des centres hospitaliers bretons », regrettent les deux médecins. « On fragilise l’hôpital de Guingamp qui entraînera dans sa chute celui de Lannion. »

Avant l’intervention du président, la maternité de Guingamp était promise à une fermeture programmée pour janvier. Plus rien n’est acté.