Ebola: Une mère transmet le virus un an après avoir été infectée, les spécialistes inquiets

ETUDE Son fils de 15 ans est mort…

20 Minutes avec agence

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Des travailleurs sanitaires équipés pour soigner les malades du virus Ebola prient dans un centre de traitement de Médecins sans frontières, le 27 octobre 2014 à Monrovia au Libéria
Des travailleurs sanitaires équipés pour soigner les malades du virus Ebola prient dans un centre de traitement de Médecins sans frontières, le 27 octobre 2014 à Monrovia au Libéria — Zoom Dosso AFP

Une femme ayant contracté le virus Ebola en 2014 aurait transmis la maladie à son époux et à deux de ses fils plus d’un an après, au Liberia. La mère de famille ne savait même pas qu’elle avait contracté la maladie, rapporte une étude sur ce cas publiée ce lundi dans la revue scientifique The Lancet.

Ce nouveau cas inquiète encore un peu plus les médecins qui se sont aperçus que le virus pouvait persister plusieurs mois dans l’organisme. Un phénomène responsable de plusieurs résurgences en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone et qui empêcherait de mettre un terme définitif à l’épidémie.

Son fils de 15 ans décède

En novembre 2015, le fils de cette Libérienne, âgé de 15 ans, a été pris en charge dans un hôpital de Monrovia après l’apparition de symptômes associés à Ebola : vomissements de sang, maux de tête et diarrhées. Il est mort quelques jours plus tard.

Ses parents et trois de ses frères avaient alors été placés sous surveillance dans un centre spécialisé. Le père de famille et le fils de 8 ans s’étaient révélés porteurs du virus. Les médecins avaient également établi qu’ils avaient présenté des symptômes avant le patient décédé.

Traitée pour une anémie en 2014

Les tests effectués sur la mère ont alors montré que le lait et le sang de celle-ci contenaient des anticorps destinés à lutter contre le virus. La Libérienne a indiqué qu’en juillet 2014, elle avait été malade après avoir côtoyé son frère, infirmier dans un centre de santé et décédé depuis du virus Ebola.

La jeune femme de 33 ans avait alors été traitée pour une anémie. Elle avait ensuite fait une fausse couche en août 2014 puis donné naissance à son dernier fils. « Il est possible que la mère présentait toujours le virus ou était victime d’une résurgence de l’infection après sa grossesse en septembre 2015 et serait ensuite tombée malade en octobre. Au cours de cette période, elle a pu transmettre des anticorps protecteurs à son nourrisson et dans le même temps, elle a pu contaminer son mari qui a ensuite infecté ses fils », avancent les auteurs de l’étude.

Ces derniers souhaitent désormais voir « les pays confrontés au virus (…) être en mesure de détecter les cas et agir rapidement pour prévenir la diffusion ».

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