Illustration de bonbons.
Illustration de bonbons. — Pixabay

CONSOMMATION

Bonbons au goût d'alcool: Les médecins dénoncent leurs dangers pour les enfants

Sirops, bonbons, yaourts et même gels douche se déclinent désormais en parfums mojito, spritz, ou encore margarita. Au grand désespoir des médecins…

Ils se multiplient dans les rayons alimentaires et même cosmétiques. Les produits non alcoolisés au goût ou au parfum mojito, gin-fizz, margarita ou encore spritz sont de plus en plus mis en avant par les marques, rapporte Le Parisien.

Les emballages montrent un verre rempli de glaçons, de feuilles de menthe et de rondelles de citron… Tout le monde reconnaît le mojito, ce cocktail à base de rhum, mais il s’agit bien d’un simple jus de fruit. Le phénomène, qui surfe sur le succès de ces boissons en été, se décline aujourd’hui en une multitude de produits : sirops, bonbons, sodas, yaourts, glaces et même gels douche.

« La même farce qu’avec le Champomy »

Certains addictologues alertent sur l’impact de ces produits sur les consommateurs et surtout sur les enfants. « En matière de santé publique, c’est d’une bêtise folle… Les souvenirs d’enfance jouent un rôle une fois adulte. Cela les conduira plus tard à sous-estimer le risque de l’alcool, c’est la même farce qu’avec le Champomy », peste William Lowenstein, président de SOS Addictions, cité par le quotidien.

Il dénonce l’ancrage économique de l’alcool en France : « Sur le tabac, on a vraiment avancé, mais pas sur cette autre catastrophe sanitaire. En France, on est l’un des premiers producteurs de vin au monde, forcément, ça compte. »

Les industriels se défendent

Sociologue et spécialiste des addictions, Christophe Moreau, rappelle qu’une étude, publiée dans la revue Addictions l’an dernier, a montré que le marketing de l’alcool « avait un impact réel peu importe le pays ».

Cédrick Maurel est le directeur marketing de la marque Lutti, qui cartonne depuis plusieurs mois grâce à ses bonbons au goût mojito. Il refuse pourtant « toute association avec le monde de l’alcool ». « Nous nous inspirons plutôt de la mode des mocktails [ndlr, angliscisme pour désigner de faux cocktails] qui cartonnent aujourd’hui bien plus que les vrais sur les cartes des bars. Et notre cible est adulte, on vise les 25-49 ans », assure-t-il.

Reste que, selon la direction générale de la santé (DGS), contactée par Le Parisien, ces produits devraient indiquer sur leur emballage la mention « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Ils font en effet explicitement référence à des boissons alcoolisées.

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