Australie: Des chercheurs développent un test sanguin pour détecter le mélanome

MELANOME Ce test pourrait aider les médecins à déceler le mélanome avant qu'il ne se propage dans le corps...

20 Minutes avec AFP

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Un dermatologue examine les grains de beauté d'une patiente.
Un dermatologue examine les grains de beauté d'une patiente. — MYCHELE DANIAU / AFP

Un simple test sanguin pour détecter un cancer de la peau agressif à un stade précoce. C’est une « première mondiale », se réjouissent les chercheurs australiens à l’origine de cette découverte qui pourrait sauver de nombreuses vies.

Ce test pourrait aider les médecins à déceler le mélanome avant qu’il ne se propage dans le corps. « Les patients dont le mélanome est détecté à un stade précoce ont un taux de survie à cinq ans entre 90 et 99 % », a déclaré dans un communiqué la directrice de l’étude Pauline Zaenker. Dans le cas contraire, ce taux descend à moins de 50 %.

Déceler le mélanome en phase précoce

« C’est pour cela que ce test sanguin est si prometteur en tant qu’outil de détection potentiel, car il peut déceler le mélanome en phase très précoce, quand il est encore traitable », a-t-elle ajouté. Les chercheurs ont procédé à des essais portant sur 105 patients atteints d’un mélanome primaire et 104 personnes en bonne santé.

Le test a permis de détecter un mélanome à un stade précoce dans 79 % des cas. Actuellement, le diagnostic repose par un examen clinique effectué par un médecin. En cas de lésion suspecte, celle-ci est ôtée chirurgicalement et fait l’objet d’une biopsie. Le test mis au point par les chercheurs permet d’identifier les auto-anticorps produits par un malade en réaction au cancer.

Des anticorps pour révéler la maladie

« Nous avons examiné un total de 1.627 types différents d’anticorps pour identifier une combinaison de 10 anticorps qui sont les meilleurs indicateurs de la présence de mélanome chez des patients atteints comparé aux volontaires en bonne santé », a poursuivi la chercheuse.

Sanchia Aranda, directrice générale de Cancer Council Australia, a jugé ces recherches prometteuses pour les personnes à haut risque, qui doivent se soumettre régulièrement à des dépistages dermatologiques. Elle a souligné qu’il ne permettait pas de détecter d’autres cancers plus fréquents mais moins dangereux comme le carcinome basocellulaire.

Un cancer sur trois

« Les gens doivent être très conscients des dégâts éventuels subis par leur peau du fait du soleil, et faire très attention au moindre changement d’aspect de leurs boutons ou grains de beauté », a-t-elle également déclaré.

Les chercheurs doivent mener un autre essai clinique sur trois ans pour valider leurs conclusions, espérant disposer alors d’un test qui pourrait servir aux médecins. Un cancer détecté sur trois est un cancer de la peau, selon l'Organisation mondiale de la santé.