VIDEO. Masques «antipollution»: «L’efficacité de ces masques n’est pas prouvée scientifiquement»

INTERVIEW Olivier Blond, président de Respire, commente les résultats de l’étude de l’Anses estimant que le bénéfice sanitaire des masques «antipollution» n’est pas attesté scientifiquement…

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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Des cyclistes à Paris en 2017.
Des cyclistes à Paris en 2017. — CHRISTOPHE SIMON / AFP

Avis à ceux qui pensaient être en sécurité en portant un masque antipollution : selon une étude de l'Anses parue ce mercredi, leur efficacité n’est pas prouvée et l’agence ne peut de ce fait, en recommander l'utilisation. « Si l’efficacité d’un masque testé en laboratoire peut s’avérer élevée, elle ne reflète pas pour autant l’efficacité en conditions réelles d’utilisation », souligne-t-elle. Olivier Blond, président de Respire (association nationale pour la prévention et l’amélioration de la qualité de l’air) explique à 20 Minutes pourquoi la fiabilité de ces masques pose question et quelles alternatives existent pour se protéger de la pollution.

En France, l’utilisation de ces masques antipollution est-elle limitée ?

Oui et c’est un usage très urbain. Ces masques sont utilisés essentiellement par des cyclistes ou des conducteurs de deux-roues. Il s’agit généralement de personnes très conscientes des risques engendrés par la pollution de l’air qui est la cause 48.000 décès par an en France.

Pourquoi leur efficacité est-elle remise en question aujourd’hui ?

L’efficacité de ces masques n’est pas prouvée scientifiquement et il est important de le dire aux personnes qui se sentent protégées quand elles en portent un afin qu'elles prennent d'autres mesures. En effet, ces masques filtrent une partie des particules, mais pas les gazs. Par ailleurs, les plus petites particules (les particules fines), qui ne sont pas filtrées par ces masques, sont en fait les plus dangereuses. Autre défaut de ces masques : ils ne sont jamais totalement adaptés au visage de leurs utilisateurs ou sont mal ajustés par ces derniers, ce qui entraîne des fuites. Et ils sont contre-productifs en cas d’effort physique intense : un cycliste va être par exemple, en hyperventilation et comme il va respirer de l’air pollué, cette pollution va passer plus vite dans son sang.

Existe-t-il des moyens plus sûrs pour se protéger de la pollution ?

Oui, en limitant son exposition à la pollution de l’air. Pour ce faire, il faut choisir son itinéraire en limitant le passage par des axes généralement embouteillés. En empruntant des rues moins fréquentées, on respire de fait un air meilleur. Des applications, comme celle d’Airparif  permettent de connaître la pollution atmosphérique prévisible sur son trajet en temps réel et donc de décider quel sera l’itinéraire préférable.

Autre conseil : éviter autant que faire se peut, de circuler aux horaires de pointe car la pollution est plus forte à ce moment-là. Il faut par exemple proscrire les joggings à 19 heures près des axes routiers ! Il vaut mieux aussi emprunter les pistes cyclables et les couloirs de bus quand on circule en deux roues ou à vélo, car on est plus éloigné du trafic.

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