Bordeaux: Les premiers résultats d’une grande étude sur la santé des étudiants

SANTE Lancée en 2013, I-Share est une grande étude sur la santé des étudiants portée par l’université de Bordeaux en partenariat avec l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Au bout de cinq ans, elle livre ses premiers résultats…

Elsa Provenzano

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Selon l'étude I-Share, 69 % des étudiants participant à l'étude ne consomment pas de tabac.
Selon l'étude I-Share, 69 % des étudiants participant à l'étude ne consomment pas de tabac. — VALINCO/SIPA
  • La grande étude I-Share sur la santé des étudiants fait le bilan à mi-parcours, cinq ans après son lancement.
  • Elle livre des chiffres sur le tabagisme, l’usage du préservatif, de la contraception d’urgence etc. à partir de questionnaires remplis par plus de 14.000 étudiants.
  • En parallèle de nombreux travaux se basant sous des sous-cohortes doivent faire progresser la recherche médicale pour cette tranche d’âge peu étudiée.

Une grande étude sur la santé des étudiants nommée I-Share a été lancée en 2013 par l’université de Bordeaux, en partenariat avec l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Au bout de cinq ans, les premiers résultats concernant cette population, sur laquelle le corps médical dispose de peu de données, sont disponibles.

Qu’est-ce que l’étude I-Share ?

L’ambition d’I-share est de recruter 30.000 étudiants à terme dont l’état de santé sera suivi de près sur dix ans. « Il s’agit du dispositif le plus efficient et le moins biaisé pour étudier les liens entre des facteurs d’exposition et les événements de santé d’un groupe de personnes », écrit I-Share dans un communiqué. Pour l’instant, la cohorte, le groupe suivi, s’établit à 19.000 étudiants mais les premiers résultats utilisables cinq ans après le lancement de cette étude concernent 14.140 individus, interrogés en ligne, dont 75 % de femmes. Les champs de l’étude sont vastes : les addictions, les maladies sexuellement transmissibles, la santé mentale, le sommeil etc.

Qu’est-ce qui ressort de l’étude à ce stade ?

Sur le volet sexualité, les données recueillies par I-Share montrent que 25 % des « sharers » déclarent ne jamais utiliser de préservatif. Et, parmi ceux qui l’utilisent, 44 % déclarent ne pas en utiliser à chaque rapport. Parmi les participantes à l’étude, 51 % affirment recourir à un contraceptif oral et 37 % ont déjà eu recours à la contraception d’urgence. Parmi ces dernières un peu plus de 40 % y ont déjà eu recours deux ou trois fois.

L’étude s’intéresse aux maladies sexuellement transmissibles et a lancé i-predict pour faire progresser la recherche sur la Chlamydia trachomatis, l’infection sexuellement transmissible la plus répandue, surtout chez les jeunes femmes de 18 à 24 ans, et qui peut conduire à des problèmes de fertilité.

69 % des étudiants qui ont participé à l’étude ne consomment pas de tabac, les autres fument ou sont en train d’arrêter. Seuls 21 % des participants fumeurs ne souhaitent pas arrêter, les autres disent qu’ils vont le faire dans l’année (18 %) ou plus tard (49 %). Plus de la moitié des « sharers » (54 %) affirment avoir déjà consommé du cannabis au cours de leur vie.

I-share s’intéresse également aux migraines, qui seraient sous-estimées dans cette population. Selon les premiers résultats, 73 % des étudiants interrogés ayant eu des maux de tête dans les 12 derniers mois ont subi des céphalées intenses qui les ont amenés à l’arrêt de leur activité en cours. Et 48 % d’entre eux ont eu « dû à des maux de tête, une douleur d’un seul côté », précise le communiqué.

En quoi consiste le volet recherche ?

I-Share récolte aussi en parallèle, auprès de 2.000 étudiants, des données biologiques par des prises de sang et des données d’imageries cérébrales par IRM. « Un des objectifs majeurs de l’analyse des IRM dans l’étude i-share est de savoir si certains participants présentent précocement des anomalies cérébrales connues pour être des marqueurs de maladie liées au vieillissement », précise le professeur Bernard Mazoyer.

Une recherche épidémiologique a été menée auprès de 8.110 étudiants pour mieux comprendre les liens entre stress, problème d’attention et tabagisme. « Le point notable est que stress et problème d’attention sont liés au tabagisme de façon indépendante l’un de l’autre », pointe le communiqué. I-Share souligne l’importance de faire de la prévention sur le tabagisme auprès des étudiants présentant un stress élevé.

De nombreuses données restent encore à récolter pour mieux connaître la santé de la population étudiante et proposer des politiques publiques de prévention davantage adaptées.

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