Dépakine: L'usine Sanofi qui fabrique le médicament rejette une quantité hors-norme de substances toxiques dans l'air

POLLUTION L’usine qui fabrique ce médicament censé lutter contre l’épilepsie, rejette jusqu’à 190.000 fois la quantité autorisée de bromopropane dans l’air...

L.Br.

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Les victimes de l'antiépileptique Dépakine vont pouvoir être indemnisées
Les victimes de l'antiépileptique Dépakine vont pouvoir être indemnisées — LODI FRANCK/SIPA

L’association France nature environnement (FNE) porte plainte ce lundi contre une usine Sanofi dans les Pyrénées-Atlantiques. Selon nos confrères de Franceinfo et Mediapart, cette entreprise, qui fabrique la Dépakine contre l’épilepsie, émet des quantités astronomiques de rejets toxiques dans l’air.

Une nouvelle affaire «Dépakine». L’usine qui fabrique ce médicament antiépileptique rejette jusqu’à 190.000 fois la quantité autorisée de bromopropane dans l’air dans les environs de la commune de Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques. « Sa valeur limite d’émission est fixée à 2mg/m3, mais en octobre dernier ce sont 180 000 mg/m3 qui ont été envoyés dans l’air », révèle France nature environnement dans un communiqué.

« La situation a empiré en mars, avec un rejet de 380 000 mg/m3 », rappelle l’association. « Ces deux contrôles ponctuels ont révélé un dépassement de 90 000 fois et 190 000 fois la norme sur deux colonnes d’abattages (qui traitent les gaz avant de les rejeter dans l’air). Cette substance est classée comme cancérigène mutagène et est soupçonnée d’avoir des effets néfastes sur la fécondité. »

Troubles mentaux et comportementaux

Les analyses ont également révélé le rejet de plusieurs tonnes par an de valproate de sodium dans l’air, la substance de base de la Dépakine. En tout, cinq polluants susceptibles d’être un danger pour la santé des habitants sont dans le collimateur de l’association.

Les associations de riverains et les associations environnementales, qui siègent dans la commission de suivi de l’usine, se disent choquées. De son côté l’entreprise assure qu’il n’y a aucun risque « inacceptable » pour la santé. Sanofi a été mis en demeure de faire des travaux avant la fin du mois de juillet. Les associations en appellent désormais à l’arbitrage de la justice, alors qu’une réunion avec les services de l’Etat est prévue mercredi.

Une étude a révélé fin juin qu’entre 16.600 et 30.400 enfants pourraient avoir été atteints de troubles mentaux et du comportement après avoir été exposés à la Dépakine et à ses dérivés, dans le ventre de leur mère ces cinquante dernières années. Une enquête menée conjointement par l’Assurance maladie et l’Agence du médicament (ANSM), contestée par Sanofi.

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