Médecins intérimaires: « Ils profitent d’un système en tension » pour Agnès Buzyn

MERCENAIRES La ministre de la Santé poursuit son offensive contre les revenus astronomiques des médecins remplaçants dans les hôpitaux…

20 Minutes avec AFP

— 

French Minister for Solidarity and Health Agnes Buzyn attends a session of questions to the Government at the French National Assembly in Paris on February 6, 2018. 
JACQUES DEMARTHON / AFP
French Minister for Solidarity and Health Agnes Buzyn attends a session of questions to the Government at the French National Assembly in Paris on February 6, 2018. JACQUES DEMARTHON / AFP — JACQUES DEMARTHON / AFP

La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a de nouveau critiqué fortement mercredi les médecins intérimaires, des « mercenaires » qui « profitent d’un système en tension », évoquant un « bras de fer » avec ces professionnels qui menacent de boycotter les hôpitaux cet été.

Du fait de la limitation du numerus clausus pour la formation des médecins pendant trente ans, « nous n’avons plus assez de médecins sur le territoire pour assurer certaines disciplines, l’obstétrique, les urgences », a expliqué la ministre sur LCI. « Des sociétés d’intérim se sont précipitées dans cette brèche » et « proposent des intérimaires qui se font payer entre 2.000 et 3.000 euros la journée. La journée », a-t-elle insisté. « Ce qui crée un déficit » dans des hôpitaux « qui sont souvent de petits hôpitaux en difficulté », qui « n’arrivent pas à recruter » sur des postes « ouverts ».

Vers un plafonnement des revenus

« Quand la moitié de la masse salariale passe pour des intérimaires qui travaillent une semaine par mois, ça n’est pas tolérable », a dit Agnès Buzyn, en critiquant des médecins qui « profitent d’un système en tension » et préfèrent « jouer les mercenaires en allant offrir leurs services une journée par mois » plutôt que de s’installer. Évoquant un « bras de fer », la ministre a rappelé qu’elle avait donc souhaité « plafonner leurs revenus ».

Créé fin mars, le Syndicat national des médecins remplaçants (SNMRH) a appelé les intérimaires à « boycotter » les hôpitaux publics cet été, contestant le plafonnement de leurs salaires à 1.404,05 euros brut pour une garde de 24 heures dès cette année. Ce plafond doit être abaissé à 1.287,05 euros en 2019, puis 1.170.04 euros en 2020.