Maladie de Lyme: L'Académie de médecine critique les recommandations officielles

POLEMIQUE L'Académie de médecine a exprimé dans un communiqué «sa profonde déception»...

20 Minutes avec AFP

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Les tiques, insectes qui transmettent la maladie de Lyme, peuvent mesurer d'un à six millimètres.
Les tiques, insectes qui transmettent la maladie de Lyme, peuvent mesurer d'un à six millimètres. — California Department of Public Health / Flickr

L'Académie de médecine a critiqué mardi les récentes recommandations officielles dans le traitement de la maladie de Lyme, sujet de controverse entre les associations de patients et le corps médical.

Les recommandations ont été publiées le 20 juin par la Haute Autorité de santé, qui établit les bonnes pratiques de soins. Celle-ci avait regroupé sous le terme très large de «symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après possible piqûre de tique» (SPPT) la «situation de patients qui ont pu être exposés aux tiques et qui présentent des signes cliniques polymorphes, persistants et non expliqués, pouvant être invalidants».

«Profonde déception»

Ce terme n'a pas de raison d'être, selon l'Académie de médecine. Elle a exprimé dans un communiqué «sa profonde déception». La HAS «reconnaît de fait implicitement l'existence d'une telle pathologie sans la moindre preuve avec, pour conséquence, des propositions de prise en charge lourde impliquant des investigations nombreuses, coûteuses et souvent inutiles», a écrit la société savante. «Loin de clarifier la situation», la HAS en «voulant contenter tout le monde ne satisfait personne», a-t-elle ajouté.

«Chantage de groupes de pression»

La borréliose de Lyme est une maladie infectieuse transmise par une piqûre de tique. Elle «se diagnostique par un examen clinique avant tout», et au besoin par des tests sanguins, soulignait la HAS. Depuis plusieurs années, des associations de malades et des médecins réclament la reconnaissance de formes chroniques controversées, non diagnostiquées de cette manière. L'Académie de médecine y voit un «chantage de groupes de pression» et des «campagnes de désinformation menées par les prosélytes des doctrines d'une association américaine, l'ILADS (International Lyme and Associated Diseases Society)».

L'une des associations de malades, ChroniLyme, estime que les recommandations de la HAS équivalent à «la reconnaissance d'un Lyme possiblement chronique». La réaction négative de l'Académie de médecine «traduit la première défaite cinglante du camp du déni», a jugé l'association sur Twitter.