Scandale du Distilbène: La «lanceuse d'alerte» Anne Cabau est décédée à 81 ans

MÉDICAMENTS Ce traitement donné aux femmes enceintes dans les années 1950 à 1970, peut provoquer de graves complications chez le futur enfant…

20 Minutes avec agences

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Une boîte de Distilbène, médicament du laboratoire UCB Pharma
Une boîte de Distilbène, médicament du laboratoire UCB Pharma — Miguel Medina AFP

Anne Cabau, la gynécologue qui a fait éclater le scandale du Distilbène en 1983, est décédée ce dimanche à Paris à l’âge de 81 ans. L’annonce a été faite par le Réseau DES France, l’association des victimes de ce médicament.

« Elle a été une lanceuse d’alerte à une époque où ce terme n’existait pas, a déclaré Nathalie Faye, secrétaire de l’association. Sans ses travaux, l’affaire du Distilbène n’aurait jamais éclaté ».

Cancers, infertilité, fausses couches

Le Distilbène est le nom commercial d’une hormone de synthèse (le diéthylstilboestrol, ou DES). Elle a été prescrite en France entre 1950 et 1977 aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches. Ce médicament est à l’origine de graves complications chez les filles de mères traitées : cancers génitaux, infertilité, fausses couches… Les États-Unis l’ont interdit pendant la grossesse dès 1971.

Au début des années 1980, intriguée par des malformations de l’utérus chez des patientes, la spécialiste de l’infertilité Anne Cabau a enquêté sur les enfants de femmes traitées avec ce médicament. Ses travaux ont été repris en février 1983 dans un article du Monde titré « Une monumentale erreur médicale : les enfants du Distilbène ».

Des litiges toujours en cours

« Si des scandales comme celui du Mediator et de la Dépakine ont ensuite autant secoué le pays, analyse Nathalie Faye, c’est qu’il y avait eu auparavant l’histoire du Distilbène ». Les travaux du Dr Cabau lui ont valu d’être « ostracisée » par le corps médical. « Elle se battait pour faire connaître la vérité, ajoute Anne Levadou, cofondatrice de l’association. C’est un grand combat qu’elle a mené ».

Selon DES France, environ 160.000 enfants ont pu être exposés au Distilbène in utero. De nombreuses demandes d’indemnisation ont été ou doivent être examinées par les tribunaux. Une partie a déjà donné lieu à réparation depuis le début des années 2000. En 2011, la cour d’appel de Versailles a même fait jurisprudence en reconnaissant un lien entre le Distilbène et un handicap à la troisième génération, accordant réparation au petit-fils d’une femme traitée.

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