Bonbons: Les producteurs s’engagent à bannir le dioxyde de titane

COLORANT NOCIF Cette substance, déjà plus utilisée par 90 % des producteurs, serait à l’origine de cellules précancéreuses…

R. G.-V. avec AFP

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Vers des bonbons un peu plus sains.
Vers des bonbons un peu plus sains. — MYCHELE DANIAU / AFP

Des bonbons bientôt (un peu) plus sains ? Non, on ne pourra pas en manger sans soucis pour son tour de taille, mais il y aura bientôt moins de substances toxiques. C’est, en tout cas, ce qu’ont annoncé les confiseurs français, ce mardi. Ils ont pris l’engagement de bannir de leurs bonbons le dioxyde de titane ou E171, un additif alimentaire controversé, « dès que possible et au plus tard fin 2019 », a-t-on appris auprès du syndicat national de la confiserie.

Les confiseurs « sont engagés, tous ont travaillé dessus, les solutions sont en train d’être mises en œuvre, donc ce sera très certainement avant la fin 2019 », a déclaré Florence Pradier, secrétaire générale des Confiseurs de France, lesquels ont signé une charte d’engagements. Le syndicat indique que 90 % de ses adhérents ont d’ores et déjà supprimé le dioxyde de titane, dont certains depuis plusieurs années.

Une demande du gouvernement

Le gouvernement avait annoncé le 18 mai son intention de demander « avant la fin de l’année » la suspension de l’utilisation dans les produits alimentaires de ce produit sous forme de nanoparticules, plus susceptibles de pénétrer dans l’organisme par différentes voies (ingestion, inhalation, voie cutanée…).

En France, outre les bonbons, le E171 est notamment utilisé dans la production de desserts et crèmes glacés, de produits de boulangerie et pâtisserie, de biscuits, de gâteaux, de tablettes de chocolat, de desserts réfrigérés, etc., mais aussi de cosmétiques et de médicaments. Il permet de blanchir ou d’intensifier la brillance des bonbons, de modifier la teinte d’autres colorants ou d’apporter de la texture aux yaourts.

Nanoparticules

Après traitement, il se présente sous forme de poudre blanche contenant des particules de diverses tailles, dont des nanoparticules (moins de 100 nanomètres, soit 10.000 fois plus petit qu’un cheveu humain). D’où les risques pour la santé, notamment.

Sous l’impulsion de la France, qui a présenté quatre nouvelles études, la Commission européenne a demandé récemment à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de se pencher sur l’opportunité d’une nouvelle évaluation. Son avis est attendu dans les prochaines semaines.

Cellules précancéreuses

L’une de ces études, publiée en 2017 par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), concluait que l’exposition chronique au E171 favorisait la croissance de lésions précancéreuses chez le rat. Sans que ces résultats ne permettent de conclure sur ses effets sur l’homme ni de remettre en cause « à ce stade » l’évaluation de l’EFSA, selon l’Anses.

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