Toulouse: Une «micro-épuisette» pour détecter les cellules cancéreuses dans le sang

SANTE La start-up toulousaine SmartCatch met au point une « épuisette » microscopique pour capturer les cellules cancéreuses qui circulent dans le sang et génèrent les métastases. Un espoir pour améliorer les traitements…

Helene Menal

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"L'épuisette" de SmartCatch capture les cellules tumorales circulantes (CTC) dans le sang.
"L'épuisette" de SmartCatch capture les cellules tumorales circulantes (CTC) dans le sang. — SmartCatch-Laas-CNRS
  • Une équipe toulousaine a créé une micro-épuisette 3D capable de capturer les cellules tumorales circulantes, à l’origine des métastases.
  • Cette technique pourra nettement améliorer la prise en charge personnalisée des cancers.

En multipliant les tumeurs, les métastases compliquent considérablement le traitement des cancers. Elles sont dues aux cellules tumorales circulantes (les CTC), aussi vicieuses que rares, transportées dans le sang. Quantifier ces dernières en temps réel peut permettre aux spécialistes d’adapter et d’améliorer le traitement.

Et c’est donc pour traquer les CTC qu’une équipe du Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (Laas-CNRS) de Toulouse, en collaboration avec des urologues du CHU et de l' Institut universitaire du Cancer (IUCT), a construit une « épuisette » microscopique, « de 200 microns de diamètre, deux fois la taille d’un cheveu ». Inséré dans une veine du bras, ce minuscule filet en métal polymère filtre les cellules tumorales. « Elles sont légèrement plus grosses mais aussi plus rigides que les cellules sanguines », précise la chercheuse Aline Cerf, qui coordonne la partie scientifique.

« Biopsie liquide »

Le système fonctionne déjà in vitro sur une veine artificielle. Et l’épuisette a été licenciée à la start-up SmartCatch, hébergée à l’IUCT. « Notre objectif est de permettre aux oncologues de faire de la médecine personnalisée », souligne la chercheuse.

En dix minutes maximum, et avec une procédure qui s’apparente à la pose d’un simple cathéter, ils pourraient connaître de façon fiable et précise le pronostic métastatique. « Nous parlons de biopsie liquide, beaucoup moins invasive », résume Aline Cerf. Alors que les autres techniques actuellement utilisées sur la base d’échantillons sanguins sont moins précises.

SmartCatch ne met pas au point une molécule ou un traitement, le patient n’aura rien à ingérer. Le temps de certification de sa technique est donc inférieur à celle d’un médicament. La prévision « optimiste » est de deux ans avant que le minuscule et prometteur filet n’arrive au chevet des patients.

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