Cancer de l'estomac: Une seule et même bactérie est responsable de 90% des cas

DÉNOMINATEUR COMMUN 1 % des personnes infectées par cette bactérie développeront à terme un cancer gastrique…

20 minutes avec agence

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Les cancers de l'estomac sont souvent détectés à un stade évolué. (illustration)
Les cancers de l'estomac sont souvent détectés à un stade évolué. (illustration) — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Il existe une cause unique à la grande majorité des cancers de l’estomac : la  bactérie Helicobacter pylori, responsable de près de 90 % des cas. Acquise dès l’enfance, cette dernière peut coloniser la muqueuse gastrique sans aucun symptôme, rapporte Le Figaro.

« L’association démontrée entre infection par H. pylori et cancer gastrique est aussi forte que celle entre tabac et cancer du poumon », explique Tamara Matysiak-Budnik, cancérologue au CHU de Nantes. Entre 20 et 30 % des Français sont infectés, contre 80 % en moyenne en Afrique et 10 % seulement dans les pays nordiques.

Efficacité des antibiotiques

Entre 2 et 20 % des personnes concernées développeront un ulcère. 1 % d’entre elles devront affronter un cancer gastrique. « Ce processus complexe de carcinogenèse s’étend sur des décennies et passe par une cascade d’étapes, dont la première, la gastrite superficielle, ne survient pas sans infection par H. pylori », poursuit le professeur. D’autres facteurs peuvent évidemment favoriser l’apparition d’un cancer : l’excès de sel, de viande rouge, d’aliments fumés ou le tabac.

« L’éradication par antibiotiques […] guérit et fait régresser les gastrites superficielles et la plupart des gastrites atrophiques, prévenant ainsi le cancer de l’estomac », explique le professeur. Mais la recherche de la bactérie H. pylori s’avère indispensable dans les formes héréditaires.

La détection précoce a progressé

En raison de sa détection souvent tardive, les cancers de l’estomac ont un pronostic médiocre. « Ils sont détectés à un stade évolué parce que surviennent une hémorragie digestive, des douleurs qui ressemblent à un ulcère, un amaigrissement, des difficultés d’alimentation », explique le professeur Thomas Aparicio, cancérologue à l’hôpital Saint-Louis de Paris.

« Notre arme principale reste la détection la plus précoce possible, qui a un peu progressé : on identifie 10 % de cancers superficiels précoces, contre 4 % il y a dix ans », souligne le professeur Matysiak-Budnik. Le cancer de l’estomac est le 5e plus fréquent mais le troisième plus meurtrier à l’échelle planétaire. En France, 6.000 à 7.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, causant 4.500 décès.

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