Montpellier: Vers un dépistage du cancer de la prostate par une simple prise de sang

RECHERCHE Catherine Alix-Panabières, médecin montpelliérain, a été primée par la fondation ARC pour ses travaux…

Nicolas Bonzom

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Catherine Alix-Panabières a été primée par la fondation ARC pour ses travaux.
Catherine Alix-Panabières a été primée par la fondation ARC pour ses travaux. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Des études sont menées par Catherine Alix-Panabières et ses homologues européens pour permettre la détection du cancer de la prostate par une prise de sang.
  • Une solution aussi fiable, voire plus fiable, que les technologies actuelles.
  • Une étude clinique sur environ 1 000 patients est sur le point d’être menée.

Dans son laboratoire, la docteure Catherine Alix-Panabières œuvre à une véritable révolution médicale. Au CHU de Montpellier, à deux pas de la faculté de médecine, l’enseignante-chercheuse mène, au sein d’un consortium européen, des travaux pour rendre possible la détection du cancer de la prostate à partir d’une simple prise de sang.

Aujourd’hui, le diagnostic de ce cancer, le plus répandu chez l’homme avec 50 000 nouveaux cas chaque année en France, est réalisé via une biopsie par voie transrectale.

Aussi fiable, voire plus fiable

Une « biopsie liquide », via un prélèvement sanguin, permettrait de combiner plusieurs marqueurs : les cellules tumorales circulantes, l’ADN tumoral circulant et les exosomes. Un faisceau d’indices qui pourrait permettre d’obtenir « un diagnostic aussi fiable, voir plus fiable que celui réalisé grâce à la biopsie standard », indique le médecin.

Autre avantage de la méthode développée par l’équipe de Catherine Alix-Panabières et ses homologues européens : le diagnostic du cancer de la prostate par voie transrectale reste un acte particulièrement invasif, qui comporte quelques risques infectieux ou hémorragiques, et qui peut passer parfois à côté des cellules tumorales les plus agressives. Sans parler, bien sûr, de l’inconfort que cela génère pour le patient.

« L’objectif, c’est aussi de personnaliser le traitement, de donner le bon traitement à la bonne personne au bon moment. C’est une médecine de précision », note l’enseignante-chercheuse. Ces travaux, qui feront l’objet d’une étude auprès de 1 000 patients, ont tapé dans l’œil de la Fondation ARC, qui œuvre pour la recherche contre le cancer, qui a remis une subvention de 330 000 euros à Catherine Alix-Panabières. « Il s’agit d’une innovation majeure », confie André Rouvillois, membre du conseil d’administration.

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