Strasbourg: Une manche connectée pour prévenir les complications du cancer du sein

INNOVATION L’objet connecté Lymphometry, dont l’essai clinique au CHU de Strasbourg débutera prochainement, est capable de détecter rapidement l’apparition d’un lymphœdème…

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Une manche connectée pour prévenir les complications du cancer du sein
Strasbourg: Une manche connectée pour prévenir les complications du cancer du sein — Quantmetry
  • La société spécialisée dans les data Quantmetry et les hôpitaux de Strasbourg travaillent depuis trois ans sur l’élaboration d’une manche connectée capable de prévenir l’apparition d’un lymphœdème.
  • La manche connectée à une application peut prévenir le syndrome dit du « gros bras » en mesurant sa circonférence lors de différentes activités.
  • Elle sera testée sur une cinquantaine de patientes lors d’un essai clinique au second semestre.

Si les préoccupations et craintes sont bien réelles, l’outil lui n’existait pas. Jusqu’à cette collaboration entre les hôpitaux universitaires de Strasbourg, et notamment son unité de sénologie, et l’entreprise spécialisée en data Quantmetry. Depuis trois ans, ils travaillent ensemble à la création d’un outil connecté pour venir en aide aux patientes ayant souffert ou souffrant encore d'un cancer du sein.

Il s’agit du projet Lymphometry, soit une manche connectée à une application qui prévient le risque d’apparition d’un lymphœdème : également appelé syndrome du « gros bras » (puisque le membre supérieur gonfle), il s’agit d’une complication qui peut survenir après l’ablation des ganglions axillaires lors de l’opération d’un cancer du sein. « Parmi les effets indésirables, c’est celui que les patientes craignent le plus, estime Pr Carole Mathelin, responsable de l’unité de sénologie au CHU de Strasbourg. Sur 57.000 nouveaux cancers du sein par an, 30 % subissent un curage axillaire qui expose alors au risque de gros bras. »

« Le gros bras peut être handicapant au quotidien »

Une fois le manchon enfilé, ses capteurs peuvent mesurer la circonférence du bras et son évolution au fil des jours et des activités. Les données enregistrées dans l’appli peuvent alors être instantanément analysées et être transmises au corps médical pour l’alerter. « Les capteurs détectent très tôt le gonflement du bras et donc évitent qu’il ne s’installe », explique Karl Neuberger, associé de Quantmetry, rappelant qu’en plus d’être inesthétique, le gros bras peut être handicapant au quotidien et s’aggraver.

« Le lymphœdème créé des contraintes qui peuvent entraîner un reclassement professionnel, une mise à l’écart de la vie sociale. Et puis il nécessite un soin constant, avec de la kiné à vie et des bandages multicouches, liste Pr Carole Mathelin. Si on peut leur épargner ça… »

L’impact des activités sur le bras de la patiente

La manche connectée va permettre un suivi quotidien personnalisé, puisque le déclenchement de cet effet indésirable et son évolution ne sont pas le même selon les patientes et leurs tâches quotidiennes. Le but pour elles est donc de porter cette manche tous les jours pendant les mois qui suivent leur opération et surtout pendant leur(s) activité(s). « Via l’application, on va mesurer l’impact de leur jogging, leur travail, leur partie de tennis ou autres sur leur bras. Ça donnera une idée à la patiente de ce qui est bon ou pas pour elle », détaille encore Karl Neuberger.

Présenté au salon CES de Las Vegas en janvier 2018, l’objet connecté sera testé avant la fin de l’année lors d’un essai clinique sur une cinquantaine de patientes de l’unité de sénologie strasbourgeoise. Pour une commercialisation espérée d’ici à un an et demi.

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