Régime fille ou garçon: Peut-on influer sur le sexe de son futur bébé en changeant son alimentation?

BEBE Ce mardi sort l’ouvrage « Avoir un garçon, avoir une fille, la liberté de choisir » (éd. Leduc.s), une méthode censée permettre en amont de la conception d’influer sur le sexe de son bébé…

Anissa Boumediene

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Manger salé pour un garçon et sucré pour une fille, serait-ce le secret pour choisir naturellement le sexe de son futur bébé?
Manger salé pour un garçon et sucré pour une fille, serait-ce le secret pour choisir naturellement le sexe de son futur bébé? — WIDMANN PETER/TPH/SIPA
  • Et si l’on pouvait choisir naturellement le sexe de son bébé ?
  • C’est l’objet du livre « Avoir un garçon, avoir une fille, la liberté de choisir » (éd. Leduc.s), qui paraît ce mardi.
  • La méthode consiste notamment en une modification du régime alimentaire de la future maman quelques mois en amont de la conception.

Il y a ceux qui veulent avoir un bébé, et ceux, déterminés et déjà tout à leurs rêves de layette rose ou bleue, qui veulent précisément une fille, ou un garçon. Dans ce cas, tout est bon pour encourager mère Nature à exaucer son vœu. Ainsi, quand elle a voulu devenir maman, Sandra Ifrah avait une idée bien précise en tête : « je voulais le choix du roi : un garçon d’abord, puis une fille ». Pour y parvenir, « je me suis demandée si les recettes de grands-mères sur le sujet fonctionnaient. J’ai consulté toutes sortes de blogs, où j’ai lu des conseils farfelus, voire dangereux ». Elle a alors décidé de consulter des médecins pour leur demander conseil.

Aujourd’hui maman d’un garçon et d’une fille, comme elle l’avait désiré, elle livre les secrets de sa méthode MyBuBelly, une appli de coaching de conception, dans un ouvrage publié ce mardi, Avoir un garçon, avoir une fille, la liberté de choisir * (éd. Leduc.s), qu’elle cosigne avec le nutritionniste Raphaël Gruman et avec les conseils d’un collège de médecins et spécialistes. Entre régime alimentaire adapté et date d’ovulation étudiée à la loupe, la méthode fonctionnerait pour ainsi dire « à chaque fois », assure Sandra Ifrah. Est-ce sans risque ? Et l’efficacité est-elle au rendez-vous ?

Favoriser le passage des spermatozoïdes filles ou garçons

« La méthode s’inspire des recettes de grands-mères et consiste à modifier le pH de la glaire vaginale pour favoriser, selon son souhait, soit le passage des spermatozoïdes porteurs du chromosome X pour avoir une fille, ou ceux porteurs du chromosome Y pour avoir un garçon », explique le Dr Véronique Bied-Damon, gynécologue endocrinologue, spécialiste de la médecine reproductive et membre de l’équipe qui a conseillé Sandra Ifrah dans l’élaboration de sa méthode.

Comment favorise-t-on le passage des uns ou des autres ? « On part du principe – validé scientifiquement — que les spermatozoïdes "filles" sont plus résistants en milieu acide, alors que les spermatozoïdes "garçons" sont plus petits et fragiles, ils survivent moins longtemps mais, en milieu alcalin, ont une plus grande vélocité : dans ce cas, ils iront plus rapidement jusqu’à l’ovule », expose la spécialiste de la médecine reproductive.

Pour optimiser ses chances une fois le pH modifié, « la date du rapport sexuel compte, poursuit le Dr Bied-Damon. Pour avoir une fille, il est recommandé de concevoir son bébé deux à trois jours avant l’ovulation, et pour un garçon, de s’y mettre précisément le jour de l’ovulation ».

Un régime alimentaire préconceptionnel

Mais avant cela, comment modifie-t-on son pH vaginal en pratique ? On commence par modifier le contenu de son assiette. « On sait que l’alimentation joue un rôle sur le pH vaginal, explique Raphaël Gruman, nutritionniste et coauteur de l’ouvrage. C’est pourquoi nous avons sélectionné un ensemble d’aliments qui sont, selon son souhait d’avoir une fille ou un garçon, soit acidifiants, soit alcalinisants ». Pour que les aspirantes mamans s’y retrouvent, « le livre compile des listes d’aliments à favoriser, de produits à consommer avec modérations ainsi que d’aliments à éviter durant toute la période de coaching préconceptionnel, à démarrer deux mois avant la phase de conception du bébé », poursuit le nutritionniste.

Car c’est bien en amont de la grossesse qu’il faut s’y mettre. Ainsi, si l’on veut une fille, mieux vaut être un bec sucré. « On privilégiera les aliments riches en calcium et en magnésium », prescrivent Raphaël Gruman et Sandra Ifrah. Fromages, aubergines, quinoa, œufs, noix, riz au lait ou encore miel, confiture, ananas et agrumes devront être au cœur de l’alimentation des futures mamans. Au passage, tous les produits riches en sel devront être zappés. Adieu donc charcuterie, saumon fumé et cacahuètes salées.

A contrario, si c’est un garçon que l’on souhaite, « il faudra miser sur les aliments riches en potassium et en sodium », conseille Sandra Ifrah. Viande, quiche, poisson fumé, asperges, bananes et eaux riches en sodium seront au menu. Riz complet, noix, gâteaux au chocolat et autres glaces seront, eux, à remiser pour plus tard.

Equilibré ou carencé ?

Et l’équilibre alimentaire dans tout ça ? Ces régimes fille ou garçon exposent-ils à des carences ? « D’abord, avant tout changement alimentaire d’ampleur, il est recommandé de consulter son médecin au préalable et de faire pratiquer des examens sanguins, notamment pour vérifier que la femme qui souhaite se lancer dans cette méthode ne souffre pas d’hypertension par exemple, prescrit Raphaël Gruman. Les programmes alimentaires que nous avons mis au point sont des programmes de confort, qui s’inscrivent dans le cadre d’un équilibre alimentaire. Les menus élaborés assurent l’équilibre nutritionnel des femmes et leur fournissent tous les apports nutritionnels journaliers, afin d’éviter tout risque de carence et de conséquences néfastes sur la santé ».

Les menus proposés risquent-ils de lasser ? « Non, répond le nutritionniste. Nous proposons des menus qui conservent le plaisir culinaire ». Et la personne qui partage la vie de la future maman peut donc « tout à fait suivre le même régime alimentaire, il n’aura aucun risque sur sa santé, précise-t-il. Mais ce n’est pas indiqué pour les enfants, notamment pour le régime "garçon", pauvre en calcium ». Par ailleurs, cette méthode « s’inscrit dans un équilibre de vie, souligne Raphaël Gruman, c’est pourquoi la pratique d’une activité physique régulière ainsi que des conseils détente pour éviter le stress sont aussi au programme de ce coaching ».

Pour le Dr Chadi Yazbeck, gynécologue obstétricien et spécialiste de l’assistance médicale à la procréation (PMA) à l’hôpital Foch, « tant que cela ne relève principalement que d’un rééquilibrage alimentaire – sans carences —, cela n’a pas d’implication médicale négative, donc je n’y vois pas de contre-indication ». En revanche, à celles qui seraient tentées d’aller modifier le pH à la source, par exemple « en mettant du citron dans leur vagin, évoque-t-il, c’est à ne surtout pas faire, au risque de perturber l’équilibre du microbiote vaginal, de contracter une infection ou une mycose ».

Ça marche ou pas ?

Mais au final, cette méthode permet-elle vraiment de choisir le sexe de son bébé ? « Après avoir eu mes garçons, j’ai tenté cette méthode alimentaire, par curiosité mais sans pression, confie une internaute. Le plus important pour moi était bien sûr d’avoir des enfants en bonne santé, mais je voulais avoir une fille, et ça a marché. Je l’avoue, une fille à mes côtés au milieu de ma petite famille férue de foot, ça a rééquilibré les forces ».

C’est une méthode « connue depuis très longtemps, commente le Dr Chadi Yazbeck. Il y a une certaine affinité des spermatozoïdes avec un certain pH. Mais même si l’alimentation peut avoir un effet sur le pH, il est assez limité et aucune étude scientifique solide n’a été menée pour démontrer l’efficacité de cette méthode, qui n’est certes pas absurde et farfelue, mais qui ne s’accompagne d’aucune preuve scientifique ».

« Il faut garder à l’esprit que l’on parle ici d’une méthode naturelle, on ne peut en attendre une fiabilité à 100 %, rappelle le Dr Bied-Damon. Il reste aujourd’hui à mesurer de combien cette méthode de préconception augmente les chances de concevoir le garçon ou la fille à qui l’on désire donner naissance ». Selon « les retours que j’ai de mes proches et des abonnées MyBuBelly, la réussite est au rendez-vous presqu'à chaque fois, indique Sandra Ifrah. Je tablerais sur une réussite de l’ordre de 9 chances sur 10 ». Pour se faire une idée précise et sûre, Sandra Ifrah « devrait mener une étude scientifique sur la base de résultats qu’elle enregistre pour sa méthode », conseillent le Dr Bied-Damon et le Dr Yazbeck.

Et à ceux qui pointent le risque de dérive éthique, Sandra Ifrah répond « que la méthode n’utilise que des outils naturels, qu’il s’agit simplement d’optimiser ses chances de réaliser ses souhaits : on n’est pas dans la manipulation génétique ». On n’est « pas dans le domaine du "sexage" de l’embryon, qui relève d’une dérive contraire à l’éthique et qui n’est pas autorisée en France », rappelle le Dr Bied-Damon.

Avoir un garçon, avoir une fille, la liberté de choisir. Le coaching pour choisir le sexe de votre bébé et booster votre fertilité, éditions Leduc. s, 18 euros, en librairie le 12 juin.