Seine-Maritime: L’épidémie meurtrière de méningite qui a sévi pendant 10 ans en partie expliquée

MALADIE La violence de l'épidémie de méningite qui avait fait 20 morts en Normandie entre 2003 et 2013 vient d'être expliquée par les caractéristiques particulières du méningocoque « B:14 »...

20 Minutes avec agence

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Illustration d'une jeune femme se faisant vaciner contre la méningite
Illustration d'une jeune femme se faisant vaciner contre la méningite — NIKO/SIPA

Des années après, des spécialistes ont réussi à expliquer l’épidémie de méningite qui avait fait 20 morts en Normandie entre 2003 et 2013. En tout, 165 patients avaient contracté la maladie due au méningocoque « B : 14 ». Et dans la région de Dieppe ( Seine-Maritime), les cas étaient douze fois plus nombreux qu’habituellement.

Une étude publiée le 15 mai dans la revue scientifique Virulenceexplique l’évolution qui a permis aux effets de la bactérie de devenir si violents.

La bactérie se met en sommeil

« La bactérie est capable de s’éteindre pour contaminer d’autres sujets. Pour ne pas se faire hara-kiri en tuant son porteur, elle est capable de se mettre en sommeil et contaminer une autre personne, puis se réveiller. Dans un gène de cette bactérie, une séquence d’ADN agit comme un interrupteur pour contrôler son expression entre allumé et éteint », résume Muhamed-Kheir Taha, un des auteurs de l’étude.

Les travaux des chercheurs français présentés à la presse ce vendredi à Rouen​ ont également montré que c’est du fer présent dans le sang que le méningocoque avait tiré sa virulence.

Grande capacité d’adaptation

Pour arriver à leurs conclusions, les scientifiques ont effectué des comparaisons génétiques entre les souches saines et les souches « B : 14 » grâce à la participation de 3.522 volontaires en 2008, rapporte le site 76-Actu. L’étude a aussi mis en avant les grandes capacités d’adaptation et de contamination de la bactérie, qui expliquent l’ampleur de l’épidémie.

D’autres questions restent néanmoins en suspens. « On a démontré le pourquoi du comportement épidémique, mais je ne saurai pas vous dire pourquoi tout a commencé à Dieppe. (…) Aucun facteur humain ou environnemental particulier n’a été identifié », explique Muhamed-Kheir Taha.

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