Hôpitaux: Un patient sur vingt touché par une infection nosocomiale

SOCIETE La proportion des patients infectés est stable entre 2012 et 2017 alors qu’elle avait diminué de 10 % entre 2006 et 2012…

20 Minutes avec AFP

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Bordeaux, 23 juin 2011. - Hopital Pellegrin de Bordeaux.  Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 23 juin 2011. - Hopital Pellegrin de Bordeaux. Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Les chiffres n’ont pas baissé depuis cinq ans. Un patient hospitalisé sur vingt est touché par au moins une infection nosocomiale (contractée dans l’établissement de santé), selon une enquête nationale réalisée en 2017.

« On estime que 4.200 décès sont liés à des infections nosocomiales chaque année », a déclaré le docteur Bruno Coignard, responsable de la direction des maladies infectieuses de l’agence sanitaire Santé publique France, lundi en dévoilant cette enquête.

La part des infections liées à une intervention chirurgicale en hausse

La proportion des patients infectés est stable entre 2012 et 2017 alors qu’elle avait diminué de 10 % entre 2006 et 2012, selon cette 6e enquête réalisée un jour donné auprès de 403 établissements de santé. Ces enquêtes sont réalisées tous les cinq ans.

Au sein de ce total, la part des infections liées à une intervention chirurgicale est en hausse, selon l’enquête. Elle passe de 2012 à 2017 de 13,5 % à 16 % du total, se rangeant ainsi au deuxième rang des infections nosocomiales les plus courantes derrière les infections urinaires (28 %) et devant les pneumonies (15,5 %).

Parmi les bactéries le plus fréquemment responsables d’infections nosocomiales (associées aux soins) contractées au cours d’un séjour à l’hôpital figurent Escherichia coli (près d’un quart des infections) et le staphylocoque doré (13 %).

Un patient infecté sur quatre infecté en réanimation

Les infections nosocomiales sont davantage constatées dans les services de réanimation (un patient infecté sur quatre) qui soignent des patients plus vulnérables et exposés à des dispositifs invasifs (cathéter, assistance respiratoire, sonde urinaire) qui augmentent les risques.

A peu près un patient hospitalisé sur sept reçoit un traitement antibiotique, une proportion qui diminue très légèrement par rapport à 2012.

« Il faut poursuivre les actions en faveur du bon usage des antibiotiques. La France par rapport à ses voisins européens consomme beaucoup d’antibiotiques, donc on peut faire des progrès en la matière », selon le Dr Coignard.

Cette photographie des infections nosocomiales en France montre également que les infections dues aux staphylocoques dorés résistants à l’antibiotique méticilline continuent à diminuer.

La proportion des patients infectés par ce germe résistant aux antibiotiques baisse de 7,5 % entre 2012 et 2017. « Cela montre que les efforts quotidiens dans les hôpitaux, notamment d’hygiène des mains, portent leurs fruits », remarque le Dr Coignard.

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