Nantes: Une nouvelle piste de traitement pour les cancers du sein les plus agressifs

RECHERCHE Un chercheur nantais a reçu une subvention de 50.000 euros de la part de la fondation Arc ce mercredi matin…

Julie Urbach
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François Davodeau est un chercheur nantais
François Davodeau est un chercheur nantais — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le Nantais François Davodeau a reçu une bourse de la fondation Arc.
  • Son projet de recherche s’intéresse aux cancers du sein « triple négatifs », une forme particulièrement agressive.
  • Il souhaite développer une technique pour mieux cibler les tumeurs, pour l’instant difficile à identifier.

C’est un programme de recherche qui, s’il aboutit à un traitement, pourrait venir en aide à 10.000 femmes touchées chaque année. Ce mercredi, le Nantais François Davodeau a reçu une bourse de la fondation Arc pour son projet de recherche appliqué aux cancers du sein « triple négatifs », une forme particulièrement agressive et difficile à prendre en charge. Un chèque de 50.000 euros lui a été remis « pour son programme visant à inventer une thérapie ciblée pour ces cancers, dont le risque de récidive est très élevé », explique Véronique Simon de la fondation Arc, pour la recherche sur le cancer.

La particularité de ces cancers du sein (17 % des cas) est qu’ils n’expriment aucune hormones ou molécules qui permettent d’identifier les tumeurs à éradiquer. Pour mieux les repérer, François Davodeau et son équipe du centre de recherche en cancérologie et immunologie de Nantes-Angers travaillent donc sur un procédé, appelé radio-immunothérapie, qui consiste à injecter dans le sang de la patiente un anticorps spécifique, auquel est attaché un élément radioactif. Le premier est capable de repérer une protéine présente à la surface de la cellule cancéreuse et de s’y fixer. Le second va venir l’irradier, pour finalement la détruire.

Limiter les récidives

Ce procédé a déjà été validé pour le traitement de lymphomes. Son adaptation aux cancers du sein va demander une dizaine d’années de travail au moins pour que des femmes puissent, un jour, en bénéficier. « Il faut mettre au point la méthode de couplage entre les deux éléments, le type de radiation, le dosage pour limiter la toxicité aux autres organes sains…, rapporte François Davodeau. Après les tests sur les souris, nous pourrons passer aux chiens ayant développé des cancers mammaires. »

Si ces recherches aboutissent, ce nouveau traitement permettrait une meilleure prise en charge des patientes chez qui la chirurgie ou la chimiothérapie n’ont malheureusement pas abouti. « On pourra ainsi éliminer les cellules résiduelles, limiter les récidives et identifier des métastases parfois invisibles ou difficiles à atteindre », espère le chercheur.

En 2017, six projets nantais ont été soutenus par la fondation Arc (plus de 250 en France).