Rennes: Le premier campus sans tabac de France voit le jour

JOURNEE MONDIALE SANS TABAC L’Ecole des hautes études en santé publique veut aider ses élèves et son personnel à arrêter de fumer...

Jérôme Gicquel

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Une signalétique a été installée sur le campus de l'Ecole des hautes études en santé publique qui est désormais sans tabac.
Une signalétique a été installée sur le campus de l'Ecole des hautes études en santé publique qui est désormais sans tabac. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • L’Ecole des hautes études en santé publique devient officiellement ce jeudi le premier campus sans tabac de France.
  • Pour griller leur cigarette, les fumeurs sont priés d’aller en lisière du campus dans des abris spécifiques.
  • L’école propose également un accompagnement pour les fumeurs qui souhaitent arrêter le tabac.

« Le tabac c’est tabou, on en viendra tous à bout ». Cette réplique culte des Inconnus n’a pas fini d’alimenter les conversations des étudiants et du personnel de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes. Ce jeudi, date de la journée mondiale sans tabac, l’école deviendra officiellement le premier campus sans tabac de France.

Les élèves et enseignants fumeurs ne seront bien évidemment pas bannis des lieux. Ils seront toutefois priés d’aller griller leur clope loin des entrées de l’établissement, qui forme chaque année 10.000 élèves. « On se devait de montrer l’exemple. Nous formons des personnes qui travailleront au quotidien sur ces questions de prévention et de santé publique, cela nous semblait naturel de s’engager dans cette démarche », indiquait en février à 20 Minutes Laurent Chambaud, directeur de l’EHESP.

Les fumeurs accompagnés pour arrêter de fumer

L’école avait déjà engagé la démarche il y a plusieurs mois en éloignant les zones fumeurs afin de protéger ses agents du tabagisme passif. A présent, les fumeurs devront s’exiler en lisière du campus pour griller leur cigarette dans quatre abris construits pour l’occasion. « L’idée n’est pas de chasser ou de stigmatiser les fumeurs. Mais plutôt de les convaincre d’arrêter », assure Mathieu, l’un des élèves ambassadeurs du campus sans tabac. Aucune sanction n’est d’ailleurs prévue pour les fumeurs récalcitrants qui ne respecteront pas les règles. « Je n’y suis pas favorable, nous serons plus dans la pédagogie », souligne Laurent Chambaud.

Pour aider les fumeurs à arrêter, l’école leur proposera également un accompagnement tout au long de l’année avec un suivi de la part d’un tabacologue ou d’un sophrologue. La clope au bec, Denis reste plutôt perplexe quant à l’efficacité du dispositif. « Je ne pense pas que cela va changer grand-chose. On aura même un abri plus confortable pour fumer qu’à l’heure actuelle », sourit cet agent, qui réfléchit tout de même à arrêter. « Mais c’est compliqué ces addictions. Tout est question de volonté ! ».