Alopécie, pelade: Comment lutter contre la chute de cheveux chez les femmes

CHEVEUX Une chute durable et importante de cheveux peut être particulièrement difficile à vivre pour les femmes…

Anissa Boumediene

— 

Pour nombre de femmes, une perte durable et importante de cheveux est très difficile à vivre.
Pour nombre de femmes, une perte durable et importante de cheveux est très difficile à vivre. — Vladimir Godnik / Mood /REX/SIPA
  • Si les problèmes de chutes de cheveux touchent plus souvent les hommes, les femmes ne sont pas pour autant épargnées.
  • Pour elles qui associent souvent cheveux et féminité, les perdre de manière durable et importante peut être très difficile à vivre.
  • Pour y remédier, il faut en premier lieu identifier la cause de la chute de cheveux.

« Les gens me demandent pourquoi je porte un turban, c’est parce que j’ai des problèmes de pertes de cheveux. (…) Un jour, j’étais sous la douche, et je me suis retrouvée les mains pleines de cheveux, j’en perdais par poignées. Je me suis demandé si j’allais me retrouver chauve ». C’est sur le plateau de son émission et émue aux larmes que l’actrice Jada Pinkett-Smith s'est confiée sur son alopécie, un problème de chute importante de cheveux qui n’épargne pas la gent féminine.

Perdre des cheveux par poignées entières. Se tracer des raies improbables pour masquer la chute. Mettre des bandeaux. Si la perte de cheveux est redoutée par les hommes, elle peut virer au cauchemar lorsqu’elle touche les femmes, qui voient dans leur chevelure un symbole de féminité et de sensualité. Alopécie, pelade, choc émotionnel, grossesse ou encore ménopause, les causes sont nombreuses et la repousse, elle, requiert traitement adapté et patience.

« Je perdais mes cheveux par poignées »

« L’un des motifs de consultation le plus fréquent concerne la perte de cheveux post-grossesse, indique le Dr Henri Pawin, dermatologue. Le taux d’hormone durant la grossesse fait que les femmes ne perdent pas de cheveux durant cette période, mais ça les rattrape dans les semaines suivant l’accouchement ». C’est d’ailleurs « juste après la naissance de ma fille que j’ai subi une importante chute de cheveux, malgré les compléments alimentaires que j’avais pris durant ma grossesse pour éviter cela, se souvient Mandy. J’avais eu une chevelure à tomber par terre pendant la grossesse, et trois semaines après la naissance, je perdais mes cheveux par poignées, surtout lorsque je les lavais, c’était atroce ! Chaque shampoing me stressait pour finir à chaque fois en larmes ».

Dans la plupart des cas, « la situation revient à la normale d’elle-même », rassure le Dr Pawin. Pour Mandy, le chemin a été plus long. « J’avais perdu beaucoup de cheveux au niveau des tempes et du front. J’ai passé des tests, mais rien n’a été trouvé ». La jeune femme se fait alors prescrire « un traitement de cheval ! », à base d’injections, ainsi qu’un spray à appliquer chaque jour pour stimuler la repousse. « Après un an de traitement, mes cheveux ont repoussé même s’ils sont moins denses ».

Eléonore, elle, ne s’est pas rendu compte tout de suite qu’elle perdait ses cheveux, « mais petit à petit, j’ai commencé à voir mon crâne en me coiffant le matin, raconte la jeune femme de 19 ans. J’ai dû les couper très courts car la longueur constituait un poids qu’ils ne pouvaient pas supporter ». Rapidement, « la perte de cheveux a créé chez moi une obsession pour les faire repousser et une perte de confiance en moi. L’image que j’avais de moi dépendait de l’état de mes cheveux : plus je les perdais et plus je perdais confiance ». Un sentiment partagé par Nawell*, sujette aux pelades depuis l’enfance. « J’en souffre beaucoup, je n’ai jamais eu de moments dans ma vie où je me suis dit "j’ai de beaux cheveux". Je les attache tout le temps car je cache bien les trous sans cheveux, même devant mon mari ».

Trouver la cause pour trouver le bon traitement

Il arrive que la chute de cheveux soit transitoire, saisonnière, qu’elle « se produise en particulier au printemps ou à l’automne, détaille le Dr Pawin. Dans ce cas, des compléments alimentaires à base de fer et de vitamines permettront d’obtenir une repousse assez efficace des cheveux ». Mais lorsque la chute est continue, « on est face à quelque chose de plus complexe, et il faut trouver pourquoi les cheveux tombent ». Pour le dermatologue, il faut regarder du côté du cuir chevelu. « Une inflammation ou une infection locale du cuir chevelu peuvent être la cause de la perte de cheveux, poursuit-il. Mais s’il n’y a rien, un bilan hormonal peut faire la lumière sur le problème, notamment si la patiente a une perte de cheveux associée à des troubles de règles, de l’acné et un hirsutisme, une forte pilosité qui se développe à des zones anormales. Auquel cas il peut s’agir d'hyperandrogénie ».

Car c’est parfois du côté de sa gynécologue qu’une femme trouvera la cause et la solution à ses problèmes de chute de cheveux, qui peuvent être d’origine hormonale. « J’observe trois grandes causes de pertes importantes de cheveux chez mes patientes : l’hypothyroïdie, l’hyperandrogénie et la carence en fer en cas de règles très abondantes, énumère le Dr Michèle Scheffler, gynécologue endocrinologue. Et une fois la cause identifiée, il faut la traiter, annonce-t-elle. Si c’est un problème de thyroïde, on soigne le trouble, si l’on est face à une hyperandrogénie, on prescrit des anti-androgènes qui rétabliront l’équilibre hormonal et s’il s’agit d’une carence en fer, une supplémentation en fer suffira ».

Les solutions naturelles privilégiées

Au besoin, du Minoxidil, une solution locale, peut-être prescrite pour stimuler la repousse. « Mais c’est un traitement suspensif, prévient le Dr Pawin, dermatologue. Il fonctionne tant qu’on l’applique, mais dès qu’on l’arrête, les cheveux peuvent retomber ». En cas de perte importante et durable de cheveux, les implants capillaires pourraient alors être une option. Mais outre l’obstacle du coût, « ils sont souvent moins efficaces chez la femme, sauf à être réalisés précocement, avant que la perte de cheveux ne soit trop diffuse », avertit le dermatologue.

C’est donc vers les solutions naturelles que se tournent nombre de femmes. « La seule chose qui m’aide à faire pousser mes cheveux plus vite est l’huile de ricin », révèle Manon, sujette aux pelades depuis l’enfance. « Cela prend du temps mais ça fonctionne », confirme Joan, coiffeur, qui conseille « d’appliquer l’huile de ricin le soir et de procéder au lavage le lendemain ». D’ailleurs, après son cycle de chimiothérapie prescrit pour soigner son cancer, Anne a tout fait pour retrouver ses jolies boucles brunes, avant d’opter pour ce remède. « Je me suis enduit le crâne d’huile de ricin tous les jours pour favoriser la repousse et aujourd’hui, j’ai des petites bouclettes », se réjouit la quadra.

Comme d’autres, Laura, la petite trentaine, a « arrêté tous les traitements chimiques qui me donnaient des effets secondaires horribles, raconte la jeune femme, qui perd ses cheveux depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui je les perds surtout sur le dessus, je n’en ai plus beaucoup ». Pour y remédier, la jeune femme se soigne « avec les plantes » et une bonne dose de pensée positive, se moquant du regard des autres. « J’ai des trous au-dessus du front mais je m’en fous si ça ne plaît pas aux autres, je ne mettrai jamais de perruque ni ne cacherai mon crâne ! Au pire je me raserai la tête et je me trouverai belle quand même. Après tout, ma beauté ne se résume pas qu’à mes cheveux ! »

 

* Le prénom a été changé