Dépression: Des scientifiques identifient une protéine rendant certains antidépresseurs inefficaces

TRAITEMENT L’action de la protéine Elk-1 rend certains traitements médicamenteux contre la dépression complètement inefficaces…

20 Minutes avec agences

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Illustration d'une jeune femme souffrant de dépression nerveuse.
Illustration d'une jeune femme souffrant de dépression nerveuse. — DURAND FLORENCE/SIPA

Des chercheurs français et canadiens ont réussi à identifier une protéine, surnommée Elk-1, qui rend certaines dépressions résistantes aux médicaments, selon une étude publiée dans la revue Nature Medicine ce lundi.

La dépression touche « plus de deux millions de personnes en France chaque année », rappelle la Fondation FondaMental, réseau de chercheurs sur les maladies psychiatriques, dans un communiqué.

« Nouvelles stratégies thérapeutiques »

Près d’un tiers des malades ne trouvent pas de traitement adéquat, et courent le risque de complications graves. La nouvelle étude s’est intéressée à ces cas spécifiques qui nécessitent « de nouvelles stratégies thérapeutiques ». « Les antidépresseurs actuels s’attaquent à des symptômes spécifiques de la maladie, mais il y a une marge d’amélioration considérable », selon les chercheurs.

Pour trouver un traitement novateur, les chercheurs ont employé « trois approches successives : des études cliniques, des analyses sur tissus cérébraux post-mortem et des modèles animaux », explique le communiqué. Les études cliniques ont montré que la gravité de la dépression était corrélée à la présence de la protéine Elk-1 dans le sang.

Agir à l’intérieur de la cellule

« Là où les antidépresseurs habituels agissent à l’extérieur de la cellule pour modifier l’information qui arrive à cette dernière, l’inhibiteur de Elk-1 agit à l’intérieur de la cellule pour modifier la façon dont l’information est traitée », a détaillé la neurologue Eleni Tzavara, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

L’étude de cerveaux a renforcé ces données. En comparant celui de dépressifs suicidés à celui d’autres personnes, les chercheurs ont mis en évidence « le rôle clé joué par des taux élevés de Elk-1 dans le cerveau ». Enfin, le potentiel traitement contre l’action de la protéine, testé sur des souris, a fait ses preuves. Une phase de développement est tout de même nécessaire pour l’adapter à l’homme.

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