Levothyrox: Des nanoparticules de métal à l’origine des effets secondaires?

SANTE Des analyses réalisées au profit de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) mettent en cause des nanoparticules de métal dans les effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox…

20 Minutes avec AFP

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A lille, le 29 octobre 2017 - Illustration d'une boite de medicaments Levothyrox.
A lille, le 29 octobre 2017 - Illustration d'une boite de medicaments Levothyrox. — Gilles Durand / 20 Minutes

Et si les effets secondaires provoqués par la nouvelle formule du Levothyrox (fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, douleurs articulaires et musculaires et chute de cheveux) provenaient de nanoparticules de métal ? C’est la piste soulevée ce mercredi par les résultats d’analyses de comprimés du médicament utilisé pour traiter l’hypothyroïdie.

Présentes dans la nouvelle formule controversée de ce médicament, ces nanoparticules n’étaient pas dans l’ancienne, a affirmé ce mercredi le docteur Jacques Guillet, médecin qui a mené des analyses au profit de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT).

« Plusieurs dizaines de comprimés » passés sous un microscope

« On met en évidence des nanoparticules avec des alliages fer-chrome, chrome-nickel, fer-chrome-silicium, ferrochrome-aluminium, alors que dans l’ancienne formule il y avait seulement quelques débris d’acier », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Paris en présence de l’actrice Anny Duperey.

Ce spécialiste de médecine nucléaire a précisé avoir passé sous son microscope et à la spectrométrie « plusieurs dizaines de comprimés » de Levothyrox nouvelle formule et ancienne formule (aujourd’hui appelée Euthyrox).

1.200 plaintes déjà déposées

Pour des raisons toujours inconnues, le changement de formule en 2017 du Levothyrox a provoqué une vague d’effets secondaires.

Selon les autorités sanitaires, un demi-million de malades en France, sur quelque trois millions, avaient abandonné ce médicament fin 2017. Environ 1.200 d’entre eux ont porté plainte contre le fabricant, Merck.

L’avocate de l’AFMT, Marie-Odile Bertella-Geffroy, a annoncé qu’elle transmettrait ces analyses à la juge d’instruction de Marseille enquêtant sur des faits de tromperie aggravée, blessure involontaire et mise en danger d’autrui.

Démenti du laboratoire Merck

Le laboratoire Merck​ a rejeté toute faute. « Qu’il s’agisse de l’ancienne comme la nouvelle formule, nous rappelons que l’analyse de l’ensemble des métaux lourds a été réalisée conformément à la réglementation en vigueur, et nous réaffirmons que tous ces contrôles se sont révélés conformes aux spécifications », a souligné le groupe dans un communiqué.

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Le Dr Guillet a estimé que ce communiqué ne répondait pas aux interrogations. « Il n’y a aucune spécification sur ces métaux dans les textes réglementaires », a-t-il relevé. « Pour nous il ne s’agit pas d’affoler les gens. Des nanoparticules, on en inhale bien plus en marchant dans les rues de Paris. Et on n’a pas mis là en évidence de lien de cause à effet », a par ailleurs expliqué le médecin