Stress post-traumatique: Des chercheurs suggèrent l’ecstasy pour soigner les soldats traumatisés

ETUDE Les chercheurs admettent toutefois les limites de l’étude avec seulement 26 participants et des effets secondaires problématiques…

20 Minutes avec agences

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Illustration ecstasy
Illustration ecstasy — SIPA PRESS

De la drogue pour soigner les soldats victimes de stress post-traumatique ? C’est ce que suggèrent des chercheurs dans une étude publiée ce mercredi dans The Lancet PsychiatryLa molécule de l’ecstasy, administrée de manière contrôlée pour accompagner une psychothérapie, peut ainsi avoir une certaine efficacité.

L’étude a ses limites, reconnaissent ses auteurs. Seules 26 personnes y ont participé, parmi lesquels 22 anciens combattants, trois pompiers et un policier. Et les résultats n’ont pas été comparés avec un groupe qui aurait pris un placebo. Toutefois, ces travaux laisse penser que le traitement par la MDMA « est sûr et pourrait renforcer les bienfaits de la psychothérapie », a indiqué la revue dans un communiqué.

Des doses administrées à leur insu

Les participants ont suivi trois premières séances de psychothérapie d’une heure et demie chacune. Puis, à leur insu et à l’insu de leur médecin, ils ont pris des doses plus ou moins fortes de MDMA (30 mg, 75 mg ou 125 mg selon) lors de deux autres séances de huit heures, spécialement adaptées.

Ils ont ensuite été suivis de près : une nuit en observation, une semaine d’entretiens téléphoniques, et un débriefing lors de trois nouvelles séances de psychothérapie d’une heure et demie.

Une envie plus forte de se suicider

D’après les chercheurs, les patients ayant pris les doses les plus fortes ont vu leurs symptômes de stress post-traumatique se réduire davantage. Mais l’étroitesse de l’échantillon est reconnue comme une faiblesse statistique. Et les effets secondaires sont importants. Certains participants ont dit avoir ressenti sous MDMA une envie plus forte de se suicider.

« Tous les groupes ont fait état d’effets négatifs apparus après le traitement », parmi lesquels « angoisses, maux de tête, épuisement, tensions musculaires et insomnies », ont noté les chercheurs. De plus, l’étude pose une question éthique importante, puisqu’il est interdit à ce jour d’administrer de la MDMA, substance qui nourrit un important narcotrafic.

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