Comment Toulouse veut empêcher ses seniors de devenir vieux

SANTE La Ville et le CHU de Toulouse expérimentent une solution originale pour détecter et prévenir la dépendance des personnes âgées. L’idée est de retarder le processus…

Hélène Ménal

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Des personnes âgées sur un banc à Toulouse.
Des personnes âgées sur un banc à Toulouse. — H. Menal - 20 Minutes
  • Toulouse métropole et le CHU tentent une approche originale pour prévenir la dépendance.
  • Une détection (volontaire) des personnes âgées fragiles vient d’être lancée.
  • Elles se voient proposer des soins et des activités, sociales ou sportives, pour retarder l’inéluctable.

La question de la dépendance est un des plus gros enjeux sociétaux et financiers de la décennie. En attendant de savoir s’il faut supprimer un deuxième jour férié, Toulouse Métropole et le Gérontopôle du CHU testent une approche innovante. L’idée est de retarder les effets du vieillissement et, par conséquent, les affres de la dépendance.

« Je suis persuadé qu’il faut transformer notre système de santé basé sur les pathologies pour le baser sur la prévention et l’axer sur le maintien de fonctions comme la mobilité, la mémoire ou la vitalité. Et pour y arriver, il faut unir les forces médicales et politiques », souligne le professeur Bruno Vellas, le coordonnateur du Gérontopôle.

Un bon repas ou de la gym, des petits riens qui font tout

« Début avril, 3.000 auto-questionnaires sont donc partis par la poste chez les plus de 75 ans du centre-ville de la Ville Rose », indique Daniel Rougé, l’élu en charge des affaires sociales. L’objectif était de détecter d’éventuelles fragilités. 300 courriers sont revenus et parmi eux une centaine a attiré l’attention des spécialistes du Gérontopôle.

Dont celui de Jacqueline. A 78 ans, cette dame souriante vit seule près du Capitole et marche difficilement. Elle a donc eu droit à un rendez-vous avec des infirmières. Avec l’aide des animatrices du Point info seniors de la Ville, elles lui ont concocté un programme de prévention et de soins personnalisés. Pour elle, le traitement de choc consiste à venir découvrir les petits plats du restaurant senior voisin, qu’elle ne connaissait pas, et qui propose, en plus de la socialisation, des repas complets au prix unique de 3,40 euros. C’est chose faite depuis vendredi. Jacqueline va pouvoir se requinquer avant d’embrayer, pourquoi pas, sur de la gym.

Ces petites attentions, à des personnes qui n’osent pas se signaler, peuvent retarder l’inéluctable dépendance. C’est en tout cas le pari que fait Toulouse métropole qui vient d’élargir son expérimentation à 6 communes voisines : Colomiers, Cugnaux, Saint-Orens​, l’Union, Seilh et Quint-Fonsegrives.