Lyon: Un salon pour les « k-fighteuses », ces jeunes combattantes du cancer

SANTE Le Centre Léon Bérard de Lyon accueillera pour la première fois un salon dédié aux femmes qui ont tiré de leur maladie quelque chose de positif en se lançant dans des projets associatifs ou professionnels...

Caroline Girardon

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Séverine (à droite) et Justine organisent à Lyon le premier salon des
Séverine (à droite) et Justine organisent à Lyon le premier salon des — C. Girardon / 20 Minutes
  • Le centre Léon Bérard de Lyon accueillera jeudi son premier salon des « k-fighteuses ».
  • Il s’agit de réunir des jeunes femmes touchées par le cancer qui ont su puiser dans leur maladie pour rebondir professionnellement ou personnellement.
  • Certaines sont devenues dessinatrice de bandes dessinées, tatoueuse de tétons ou ambassadrice de cosmétiques spécialisés.

Le cancer leur a donné des ailes. Cette maladie qui les a injustement frappées, elles ont décidé d’en faire leur force. Toutes sont des « K-fighteuses », des combattantes du cancer qui ont chacune une histoire très différente à partager. Pour la première fois, un salon leur est dédié. Il se tiendra au centre Léon Bérard de Lyon, jeudi 26 avril.

Le point commun de ces jeunes femmes ? Elles s’en sont sorties. Elles ont souffert. Mais elles ont réussi à « tirer du positif » de l’enfer qu’elles ont traversé. La maladie leur a donné « envie d’oser ». Renforcées par l’idée « de n’avoir plus rien à perdre », elles se sont lancées dans des projets, parfois un peu fou. Comme Lili Sohn, devenue auteur de bandes dessinées ou Alexia Cassar, désormais « tatoueuse de tétons », qui a été la première femme à avoir ouvert un salon de tatouage dédié à la reconstruction mammaire. D’autres ont créé des bijoux, des lignes de vêtements ou sont devenues ambassadrices de cosmétiques spécialisés.

« Sœurs de combat »

A l’origine de ce projet, Séverine Martin, 41 ans, a voulu les réunir. Mère de deux enfants, cette patiente du CLB a fondé son association Dégom’crab après avoir été frappée d’un cancer du sein, il y un an et demi. Pendant sa longue période de traitements, elle a suivi sur les réseaux sociaux d’autres « roses », des « Sœurs de combat » pour partager leur quotidien et s’encourager mutuellement.

« J’ai la chance d’avoir un compagnon formidable qui m’a très fortement soutenue. Mais quand on ne vit pas la maladie, on ne peut pas tout comprendre », explique-t-elle. Le besoin de parler de choses intimes, d’échanger sur sa souffrance ou ses doutes, d’avoir des conseils avisés, l’a poussée dans un premier temps à aller vers des associations référentes. Sans succès. Elle n’y a pas trouvé ce qu’elle cherchait. Sans doute la moyenne d’âge plus élevée que la sienne.

Sur les réseaux sociaux, elle découvre alors des femmes de sa génération. C’est comme ça qu’elle s’est liée d’amitié avec Justine, 37 ans, qui habite « à cinq minutes de chez elle », touchée deux fois par un cancer du sein en 2013 puis en 2016. Elles se sont rapprochées en juillet dernier pour les besoins d’un concours photo organisé par le Ruban Rose. Une façon de faire de la prévention autrement. Et de serrer les coudes.

Se raccrocher à des choses positives

« Ma mère a eu un cancer en 2011 mais Internet n’est pas sa tasse de thé. Finalement, elle a vécu la maladie assez seule et pas de la même manière que moi », explique Justine. Et d’enchaîner : « On ne choisit pas d’avoir un cancer mais on peut choisir la façon dont on le vit. Sans pour autant minimiser ce que l’on affronte. Nous sommes bien placées pour le savoir ».

« L’objectif du salon est de montrer que le cancer n’a pas toujours cette image noire que tout le monde connaît et qui à mon sens, n’aide pas vraiment les personnes en soin. Parfois, cela donne un bel arc-en-ciel et l’on peut se raccrocher à des choses positives, à un espoir », conclut Séverine, désireuse de remercier celles qui l’ont « portée » durant la maladie et « d’en aider d’autres » à son tour.