Céréales sucrées, additifs et produits ultratransformés... Comment préparer un petit-déjeuner sain pour les enfants

ALIMENTATION Le magazine « 60 millions de consommateurs » pointe dans un numéro hors-série « ces aliments qui nous empoisonnent », parmi lesquels figurent de nombreux produits prisés par les enfants au petit-déjeuner…

Anissa Boumediene

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Pas toujours évident pour les parents de savoir quoi donner à leurs enfants pour un petit-déjeuner bon et sain.
Pas toujours évident pour les parents de savoir quoi donner à leurs enfants pour un petit-déjeuner bon et sain. — Mood Board / Rex Featur/REX/SIPA
  • Le magazine 60 millions de consommateurs met en garde contre « ces aliments qui nous empoisonnent ».
  • Parmi les 100 produits épinglés figurent de nombreux aliments prisés par les enfants au petit-déjeuner.
  • Des produits souvent ultratransformés et riches en sucre néfastes pour la santé.

C’est le repas le plus important, celui durant lequel « il faut manger comme un roi », charger les batteries pour avoir de l’énergie toute la journée. Incarnation de l’injonction du manger sain, le petit-déjeuner est le repas qu’il ne faut pas sauter, et dont il faut soigner le menu. Il est pourtant souvent composé de produits ultratransformés et très riches en sucre, voie royale vers l’obésité et les maladies métaboliques et cardiovasculaires. Des produits épinglés par le magazine 60 Millions de Consommateurs, qui met en garde contre «  ces aliments qui nous empoisonnent ». Mais comment savoir ce qu’il faut donner à ses enfants pour faire du petit-déjeuner un moment de plaisir bon pour leur santé ?

Céréales soufflées, poudres chocolatées et pain de mie : les produits préférés des petits à éviter

Au doux pays des matins enfantins, quelques produits star trustent la table du petit-déjeuner. Céréales soufflées fourrées au goût chocolat-noisette, lait chocolaté, tartines de pain de mie ou de brioche avec confiture ou pâte à tartiner : autant de produits qui ravissent le palais des enfants et des ados (et des adultes aussi d’ailleurs), mais dont une bonne partie est épinglée pour leurs mauvaises qualités nutritionnelles et leur très haute teneur en sucre. « C’est typiquement le petit-déjeuner à ne pas prendre : il représente une charge en glucides oscillant entre 6 et 12 morceaux de sucre, ce qui est énorme surtout pour un enfant », avertit le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste en maternité et auteur de L'indulgence dans l'assiette * (éd. Fayard).

Pourquoi ces produits sucrés sont-ils dans le viseur ? « Parce qu’ils ont un indice glycémique (IG) très élevé, ce sont des bombes de sucre qui provoquent un pic de glycémie, perturbent l’insuline et génèrent des fringales, répond Angélique Houlbert, diététicienne-nutritionniste et coauteure du livre  Le bon choix pour vos enfants** (éd. Thierry Souccar). Leur procédé de transformation fait que ces produits sont mous, se délitent en bouche, et ont par conséquent un indice de satiété très bas : on en mange beaucoup mais ça ne cale pas ». Mais le menu type du petit-déjeuner a d’autres méfaits. « Le sucre appelle le sucre, répond le médecin nutritionniste. Plus ils en mangent le matin, et plus les enfants développent très tôt une forte appétence pour le sucre, qu’ils vont avoir envie de consommer tout au long de la journée. Et vont rechercher cette saveur dans des sodas, des sirops à diluer ». Un goût pour le sucre qui mène directement à des maladies métaboliques tels que le diabète de type 2, et des maladies plus rares qui apparaissent chez des enfants de plus en plus jeunes. « Je reçois tous les jours en consultation des enfants et adolescents en surpoids qui ont développé une stéatose hépatique non-alcoolique, maladie du soda ou du foie gras, provoquée directement par un excès de sucre dans l’alimentation, qui surcharge le foie en graisses », avertit le médecin nutritionniste.

Réduire progressivement la quantité de sucre et de produits ultratransformés

Face à ce risque de santé, certains parents décident de modifier les habitudes alimentaires de la famille. « Avant, on achetait des pains au lait ou des céréales au chocolat, raconte Rachel, maman de deux enfants. Depuis quelques mois, on fait des crêpes maison tous les matins, parfumée à l’eau de fleur d’oranger, avec un peu de confiture ou de pâte à tartiner bio sans huile de palme, explique la mère de famille. Je sais ce qu’il y a dedans, c’est plus naturel, sans additif et c’est bon ». Pour contrer les produits ultratransformés omniprésents dans les supermarchés, le fait maison est une bonne option. « Mes enfants adorent la brioche le matin ! Avant, j’achetais de la brioche industrielle, puis je me suis mise à la faire moi-même, se souvient Mariette, une internaute. J’ai progressivement baissé la quantité de sucre et de beurre, et jusqu’à parvenir à une recette plus saine qui reste gourmande ».

Pour réduire la teneur en sucre et la saveur sucrée du petit-déjeuner, « on peut remplacer la confiture par de la compote de fruits sans sucres ajoutés », conseille le Dr Laurent Chevallier. Et opter, au sein d’une même catégorie, pour les produits les plus vertueux et les moins riches en sucre. « Les poudres de cacao leaders du marché ont une teneur en sucre qui frôle les 85 %, relève Angélique Houlbert. En regardant le tableau nutritionnel imprimé au dos du produit, on peut faire un choix plus sain en repérant les poudres dont la composition n’excède pas les 50 grammes de sucre pour 100 grammes de produits », conseille-t-elle. Pour les amateurs de jus de fruits, on peut réduire la teneur en sucre de sa boisson « en la coupant à l’eau, prescrit le Dr Chevallier. Cela assure une bonne hydratation aux enfants, qui transpirent beaucoup la nuit, tout en n’apportant pas une forte quantité de glucides ».

Bien choisir son petit-déjeuner alternatif

Pour adopter un petit-déjeuner bon pour la santé, les meilleurs élèves se régaleront de « müesli bio sans sucres ajoutés, avec quelques oléagineux, des fruits secs et du fromage blanc », recommandent le Dr Chevallier et Angélique Houlbert. Ou de « pain au levain naturel du boulanger, parce qu’une bonne mastication envoie des messages de satiété et favorise la digestion, complète le médecin nutritionniste, avec du fromage frais, moins salé et gras que d’autres fromages ».

Pour réduire la facture en sucre, on peut aussi passer à la version salée du repas matinal. A l’anglo-saxonne ou à l’allemande, avec des œufs, du fromage et de la charcuterie, « lorsqu’on a plus de temps, le week-end ou en vacances, préconise le Dr Chevallier, avec un œuf à la coque avec des mouillettes de pain au levain ». Et si l’envie se fait sentir d’agrémenter ses mouillettes d’un peu de jambon blanc, attention à la charcuterie que l’on achète. « Certains additifs présents dans les jambons industriels sont toxiques, voire cancérigènes, à l’instar des nitrites, qui donnent sa couleur rose au jambon mais qui favoriseraient le cancer du côlon, avertit le Dr Chevallier. Mais les produits bios ou labellisés seront moins riches en additifs chimiques ».

L’indulgence dans l’assiette. Pizzas, frites, lasagnes… Les produits les moins pires, éditions Fayard, 15 euros, en librairie.

** Le bon choix pour vos enfants, éditions Thierry Souccar, 15,80 euros, en librairie.