Cerveau: Un premier pas vers une prothèse électronique, pour remplacer la mémoire déficiente?

RECHERCHE Des chercheurs ont stimulé les neurones de 17 épileptiques, boostant leur mémoire de 37 %…

L.Br.

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Oeuvre d'art représentant le cerveau, exposée par le Grand Palais en 2018.
Oeuvre d'art représentant le cerveau, exposée par le Grand Palais en 2018. — GINIES/SIPA

Une équipe de chercheurs américains a réussi à réactiver des souvenirs chez 17 cobayes, en intervenant directement dans leur cerveau via des électrodes. C’est peut-être un premier pas vers la conception de prothèses cérébrales destinées à remplacer une mémoire devenue déficiente, pour les patients touchés par la maladie d’Alzheimer par exemple.

Les scientifiques du Centre médical de l’université Wake Forest Baptist (Caroline du Nord), ont recruté 17 volontaires, révèle le magazine Science et Vie. Signe particulier : ils sont tous atteints d’épilepsie, et possèdent déjà des micro-électrodes dans leur cerveau, implantées pour des raisons médicales.

Une « signature » pour mémoriser une image

Selon la revue, une partie de ces électrodes posée chez chaque patient touche les neurones de l’hippocampe, au cœur du cerveau. Scindée en deux parties, cette structure a un rôle central dans la mémoire et la navigation de l'individu dans l’espace.

Les chercheurs ont programmé ces électrodes pour qu’elles délivrent des stimuli électriques à quelques neurones en particulier. Cette technologie, rappelle Science et Vie, s’appelle MIMO.

Avant de lancer l’expérience, les 17 volontaires ont subi des tests, pour vérifier l’étendue de leur mémoire naturelle. Durant ces tests sans stimulus, où les cobayes devaient simplement mémoriser une image ou une couleur, les chercheurs ont enregistré l’activité d’une quarantaine de neurones pour chaque individu. En effet, chacun des volontaires a sa propre « signature », un schéma d’activation mesuré par des micro-electroencéphalographes intégrés dans les électrodes.

Un stimulus qui provoque une amélioration de la mémoire

Les chercheurs sont ensuite entrés en phase de stimulation. Ils ont montré à 8 volontaires une deuxième série d’images choisies parmi celles qu’ils avaient déjà vues dans la première phase du test. Ils leur ont alors demandé de les reconnaître. Ils ont ensuite fait la même expérience, en laissant un délai de quelques minutes entre le visionnage des images et le test de reconnaissance. Les scientifiques ont alors constaté des résultats positifs : statistiquement, après plusieurs séances, ils ont noté une amélioration de la mémoire à court terme de 37 % et de la mémoire à long terme de 35 %.

Les chercheurs ont confié ne pas être surpris de leur découverte, car des tests sur des animaux réalisés auparavant avaient montré des résultats encourageants. Ils souhaitent désormais de reproduire l’expérience avec d’autres volontaires pour développer ce nouveau champ de recherche.