Souffrance des soignants: Un numéro d'écoute gratuit pour tous les professionnels de santé

SOUTIEN Au 0 800 800 854, les soignants seront en contact avec « des psychologues cliniciens formés » et pourront « bénéficier d'un soutien psychologique » immédiat...

20 Minutes avec agences

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Une infirmière et un patient dans un hôpital (illustration).
Une infirmière et un patient dans un hôpital (illustration). — JDD/SIPA

Déjà opérationnel pour les médecins et internes depuis le 1er janvier dernier, un numéro unique d’écoute et d’accompagnement est désormais ouvert à tous les professionnels de santé en détresse, ont annoncé mardi l’Ordre des médecins et l'Ordre des infirmiers.

Mal-être, épuisement professionnel, souffrance au travail : le 0 800 800 854, disponible 7 jours sur 7 et 24h/24, a été lancé après un constat alarmant au sein de la profession.

En contact avec « des psychologues cliniciens formés »

« L’ensemble des ordres des professions de santé » (médecins, sages-femmes, dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues et pharmaciens) sont associés dans cette démarche, et six ont déjà signé une charte qui les engage », a précisé à l’AFP Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom).

Via ce numéro, comme c’est déjà le cas pour les médecins, les soignants seront en contact avec « des psychologues cliniciens formés » et pourront « bénéficier d’un soutien psychologique » immédiat, être orientés vers un médecin ou service hospitalier dédié aux soignants, voire vers « une prise en charge d’urgence ».

« Ce malaise a un coût social »

Le service sera financé par tous les ordres et donc par les « cotisations des professionnels », a indiqué Patrick Bouet. Face au malaise des professionnels, « Il faut acquérir un certain niveau de compétences et de connaissances » et « c’est plus facile avec 1,3 million de personnes qu’avec 295.000 médecins », a-t-il ajouté.

« Nous avons des problématiques et des constats communs, on voit bien que ce malaise a un coût social, (…) une répercussion sur la santé, sur les erreurs qui peuvent être faites auprès des usagers » et « agir avec sept professions réglementées, ça permet d’avoir un vrai réseau, de vrais moyens » et d’être « plus forts », a déclaré Patrick Chamboredon, président de l’Ordre national des infirmiers.

Huit suicides parmi les infirmiers en 2017

Dans cette profession, « huit suicides avérés » ont été recensés l’année dernière. Une enquête, réalisée par l’Ordre des infirmiers du 30 mars au 7 avril 2018 auprès de 18.653 infirmiers, met en lumière leur épuisement professionnel.

Plus de huit sur dix affirment se sentir « très souvent » (37 %) ou « quelques fois » (45,8 %) « émotionnellement vidés par leur travail ».

Pour expliquer le mal-être, la charge de travail est un facteur « important » ou « très important » pour 79,4 % des répondants. Mais aussi « les violences et l’agressivité » (57,5 %) ou les aspects financiers (51,1 %).

Environ 58,8 % des infirmiers travaillent « régulièrement » ou « fréquemment » 12 heures ou plus par jour.

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