Toulouse: Les patients souffrant d'insuffisance cardiaque suivis par télésurveillance

SANTE Certains patients du CHU de Toulouse pris en charge pour insuffisance cardiaque peuvent faire l'objet d'une télésurveillance à domicile quotidienne...

Beatrice Colin

— 

7 140 patients hospitalisés en région.
7 140 patients hospitalisés en région. — F. Scheiber/20 Minutes illustration
  • Depuis le 19 mars, le système de télésurveillance «Chronic Care Connect» est proposé aux patients sujets à des crises liées à leur insuffisance cardiaque.
  • Un meilleur suivi, permet de diminuer le nombre d’hospitalisations et réduire les risques de crises.

Depuis une quinzaine de jours, Hervé s’astreint tous les matins à un petit rituel chez lui : il se pèse et remplit un questionnaire de huit questions sur une tablette. Il n’est pas abonné à une application de régime en ligne, mais participe au système de télésurveillance des insuffisants cardiaques mis en place par le CHU de Toulouse :  Chronic Care Connect Cardiologie.

« Je me pesais déjà de mon côté. Là, en plus, j’indique si mes jambes sont gonflées, si j’ai eu de la température. Toutes ces informations constituent une base de données et une courbe auquel mon médecin a accès. Et j’ai aussi de petits objectifs à remplir, notamment boire une certaine quantité d’eau chaque jour ou encore manger moins salé », explique ce patient de 52 ans du professeur Michel Galinier, chef du service Cardiologie de l’hôpital de Rangueil.

Alerte en cas d’anomalies

Depuis le 19 mars, ses équipes médicales ont équipé les deux premiers patients du système développé par la société Air Liquide qui fonctionne grâce à une simple tablette et une balance.

En cas d’anomalie, l’alerte est donnée. Comme la prise de poids anormale de ce patient durant le week-end pascal. Face à ses résultats, une infirmière l’a immédiatement appelé pour savoir s’il avait un souci. Un simple repas de famille était en cause, mais cela a permis à la soignante de lui proposer de rétablir l’équilibre pour les prochains jours.

Si les indicateurs avaient détecté des perturbations plus graves, il aurait été orienté vers un généraliste ou en cardiologie.

Plus de suivi, moins d’hospitalisations

Pour Michel Galinier, utiliser les nouvelles technologies, est loin d’être une première. Il est en effet l’un des promoteurs de la grande étude OSICAT qui a suivi pendant plus de 18 mois près de 990 patients à domicile qui répondaient aussi à des séries de questions quotidiennes.

« Elle s’est achevée en fin d’année dernière et nous aurons les résultats d’ici quelques mois. En attendant, le gouvernement a plébiscité le développement de la télésurveillance car nous savons d’ores et déjà que cela contribue à faire baisser le nombre d’hospitalisations et de décès chaque année et améliorer la qualité de vie des patients », plaide le médecin.

Pour lui, un meilleur suivi passe par la télésurveillance mais aussi l’apprentissage de certaines notions.

« Nous allons fixer avec les patients des objectifs éducatifs, notamment le fait d’avoir une activité physique régulière dans la semaine ou encore surveiller régulièrement sa tension. En fonction de ce qu’ils vont signaler, nous mettrons par exemple en place avec eux une alimentation différenciée si nécessaire. Le patient devient ainsi acteur de sa santé », souligne Sandrine Mazon, l’infirmière qui coordonne le suivi des dossiers.

Elle sera amenée à contacter régulièrement les 100 patients qui doivent être recrutés cette année sur les 1.200 accueillis chaque année au CHU de Toulouse.