Perturbateurs endocriniens: Manger au restaurant augmenterait de 35% l'exposition aux phtalates

ALIMENTATION Les perturbateurs hormonaux sont présents notamment dans le plastique de certains emballages alimentaires...

20 Minutes avec agence
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Les chercheurs ont retrouvé davantage de phtalates dans l'organisme des personnes qui n'avaient pas mangé "maison" la veille.
Les chercheurs ont retrouvé davantage de phtalates dans l'organisme des personnes qui n'avaient pas mangé "maison" la veille. — Pixabay

Manger au restaurant ou au fast-food peut augmenter l’exposition à des perturbateurs endocriniens utilisés dans la fabrication des emballages alimentaires en plastique, selon une étude américaine relayée ce jeudi par le journal britannique The Guardian .

Des chercheurs de l’université George Washington (Washington) ont mis en évidence une corrélation entre la présence de phtalates dans le corps et les sorties au restaurant. Ils ont pour cela étudié les habitudes alimentaires de 10.253 personnes, auxquelles ils ont demandé ce qu’elles avaient mangé et où au cours des 24 heures précédentes.

+35 % de phtalates dans le corps après une sortie au restaurant

Les résultats ont mis en évidence une augmentation de 35 % du taux de phtalates dans les urines des personnes ayant dîné dans un restaurant ou dans une chaîne de restauration rapide.

Le constat est encore plus frappant chez les jeunes, habitués des fast-foods : ils avaient 55 fois plus de produits chimiques dans l’organisme que les adolescents ayant mangé des plats préparés maison. Il semble que certains aliments, comme hamburgers ou sandwichs, soient liés à l’augmentation de la quantité de phtalates chez les individus ayant participé à l’étude mais seulement s’ils sont achetés à l’extérieur.

Une source d’exposition « sous-estimée »

Les phtalates sont généralement utilisés dans les emballages alimentaires afin d’augmenter la flexibilité et la durabilité du plastique. Ces perturbateurs endocriniens ont été mis en cause, ces dernières années dans la survenue de cancer du sein, de problèmes de fertilité, de diabète de type 2 ou même d’asthme.

Pour le docteur Ami Zota, auteur de l’étude, ces données suggèrent « que les aliments préparés à la maison sont moins susceptibles de contenir des niveaux élevés de phtalates ». Il déduit que le fait de manger au restaurant peut être « une source importante et auparavant sous-estimée d’exposition » à ces perturbateurs hormonaux. Aux fourneaux !