Rennes: Manque de lits, sous-effectif, violences… Pourquoi Guillaume Régnier repique sa crise

SOCIAL Après deux mois de suspension, le mouvement de grève a repris à l’hôpital psychiatrique...

Jérôme Gicquel

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Mis en sommeil depuis janvier, le mouvement de grève a repris ce mardi à l'hôpital Guillaume Régnier à Rennes.
Mis en sommeil depuis janvier, le mouvement de grève a repris ce mardi à l'hôpital Guillaume Régnier à Rennes. — DAMIEN MEYER / AFP
  • La grève a repris à l’hôpital psychiatrique Guillaume Régnier à Rennes.
  • Salariés et syndicats réclament des moyens humains et matériels supplémentaires.
  • Dans ce climat de tension, les violences contre le personnel soignant se multiplient.

« J’y travaille mais clairement ce n’est pas l’endroit que je conseillerais pour être soigné ». Infirmier à l’hôpital psychiatrique Guillaume Régnier à Rennes depuis douze ans, Pascal est usé. Comme lui, une cinquantaine de salariés ont débrayé mardi en début d’après-midi pour réclamer des moyens humains et matériels supplémentaires pour le troisième plus grand hôpital psychiatrique de France.

Une enveloppe de 1,65 million d’euros a certes été débloquée par le ministre de la Santé et l’Agence régionale de santé courant janvier. Pas suffisant selon les syndicats. « Cette rentrée d’argent va juste permettre à l’hôpital de ne pas être en déficit cette année. Cela ne répond en rien à nos problèmes », indique Anne Beaume de Sud Santé Sociaux.

Des violences qui se multiplient

Deux mois après avoir suspendu son mouvement de grève, engagé le 7 novembre, le syndicat tire donc de nouveau la sonnette d’alarme pour dénoncer « un sous-effectif constant » et réclamer l’ouverture de 20 lits supplémentaires et la création de 15 emplois. Pour le personnel soignant de l’hôpital, la souffrance se mêle à un sentiment d’impuissance, voire de dépit. « Nous ne demandons pas une hausse des salaires. Juste de pouvoir soigner des personnes qui ont besoin de soins », indique Olivier Scelles, infirmier.

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Dans ce climat, un rien suffit à exacerber les tensions. Depuis le début de l’année, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’hôpital a ainsi enregistré près de 600 fiches de signalement d’événement indésirables. « Cela va des insultes, aux menaces physiques ou aux agressions », énumère Olivier Scelles, membre du CHSCT. « Récemment, un aide-soignant s’est fait étrangler par un patient. L’hôpital était plein, le patient a attendu longtemps avant de voir un médecin et a craqué », raconte Pascal.

Des personnes en souffrance à plusieurs dans une chambre

Une autre infirmière évoque le cas d’une femme qui venait d’être hospitalisée après une tentative de suicide. « Elle est arrivée dans une chambre où il y avait déjà deux personnes. Comment voulez-vous qu’elle se repose et se soigne ? ».

La direction assure de son côté mettre tout en œuvre « pour améliorer la qualité de prise en charge des usagers et des conditions de travail des professionnels, tout en veillant aux équilibres budgétaires ».