Electrosensibilité: «Dès que la box internet est allumée, j’ai des maux de tête, des nausées, des vertiges»

TEMOIGNAGE Les maux que décrivent les lecteurs de « 20 Minutes » traduisent une souffrance bien réelle…

Nicolas Raffin

— 

Des antennes-relais à Gentilly (Illustration).
Des antennes-relais à Gentilly (Illustration). — A. Gelebart / 20 Minutes/SIPA

Bientôt une meilleure reconnaissance des personnes électrosensibles (EHS) ? Dans un avis publié mardi, l’Anses s’est penchée sur les symptômes dont s’estiment victimes certaines personnes lorsqu’elles sont exposées aux ondes : maux de tête, fourmillement dans les mains, voire réaction cutanée.

« Les plaintes formulées par les personnes se déclarant EHS correspondent à une réalité vécue », explique l’Anses, qui recommande un meilleur accompagnement sanitaire et social. L’agence rappelle cependant qu' « aucune preuve expérimentale solide ne permet actuellement d’établir un lien de causalité entre l’exposition aux champs électromagnétiques et les symptômes décrits par les personnes se déclarant EHS ».

Cette position exaspère certains lecteurs de 20 Minutes qui ont répondu à notre appel à témoignages. « Quel intérêt [de témoigner] puisqu’on lira toujours les mêmes c****** comme quoi il n’y a aucune preuve scientifique quand bien même il y en a des milliers [de personnes EHS] ? » nous demande une internaute en colère.

« J’ai des maux de tête, des nausées, des vertiges »

À l’inverse, d’autres contributeurs n’hésitent pas à raconter leur expérience, souvent liée à une vraie souffrance. « Je fais de l’hyperacousie [intolérance au bruit] et avec de l’anxiété démultipliée et un certain mal de tête, décrit Jean-Pierre. Je mets à distance mon téléphone portable, mais dans la voiture ça ne s’arrange pas avec l’électronique et le GPS. »

« Dès que la box internet est allumée, j’ai des maux de tête, des nausées, des vertiges, poursuit Eliane. Et si j’ai le malheur de m’endormir devant la télé allumée, ces maux sont décuplés. » Elle ajoute : « Nous avions un joli lit métallique et j’ai dû en changer pour un en bois, tellement mes mâchoires me faisaient mal pendant le sommeil. Sans parler des douleurs musculaires. »

5 % de la population concernée ?

Agent immobilier en Corrèze, Jérôme dit avoir rencontré par deux fois des clients électrosensibles. Et pour lui, « il ne s’agit pas d’une lubie. Qui voudrait vivre reclus, sans téléphone ni électricité, juste pour montrer que les ondes sont nocives ? Qui est capable les yeux fermés de repérer la présence d’une antenne relais à 4 km ? »

>> Lire aussi : «Il faut donner la possibilité aux électrosensibles de se mettre à l’abri»

Si l’Anses estime que l’effet nocebo (crainte d’être exposé à une chose nuisible) « joue certainement un rôle non négligeable dans la persistance de l’EHS », le rapport n’exclut pas « une affection organique non identifiée ». De quoi laisser un peu d’espoir pour les électrosensibles, qui représenteraient « environ 5 % de la population » selon l’eurodéputée Michèle Rivasi.