Nouvelle-Aquitaine: Non, les cures thermales ne s’adressent pas qu’aux plus âgés

TOURISME Ce lundi, la Région vote une délibération sur le développement de la filière thermale en Nouvelle Aquitaine, deuxième région thermale après l’Occitanie….

Elsa Provenzano

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Les thermes Borda à Dax, première ville thermale de France.
Les thermes Borda à Dax, première ville thermale de France. — Serge Lafourcade
  • La Région vote une délibération ce lundi pour un plan de développement de la filière thermale de 2018 à 2022.
  • Les établissements ont tendance à se diversifier et à traiter des affections différentes, au-delà des affections rhumatologiques et respiratoires (ORL, gynécologie, psychiatrie etc.)
  • La fréquentation des stations thermales est en hausse (+20 % en sept ans) dans la région.

La filière thermale en Nouvelle-Aquitaine est loin d’être négligeable. Derrière l’Occitanie, qui attire 180.000 curistes, elle en capte 150.000 dans ses 15 stations thermales, accueillant au total 29 établissements.

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La filière qui représente 15.000 emplois directs et indirects réalise un chiffre d’affaires annuel de 130 millions d’euros. Les élus régionaux votent ce lundi une délibération pour développer cette filière avec un plan pour 2018-2022.

Centre de thalassothérapie de Saint-Jean de Luz.
Centre de thalassothérapie de Saint-Jean de Luz. - Benoît Alain - Deepix

Les cures thermales séduisent de plus en plus de personnes en Nouvelle-Aquitaine. La fréquentation y a fait un bond de 20 % en sept ans. « On a observé une augmentation nette après l’affaire du Médiator, précise Elisabeth Bonjean, conseillère régionale déléguée au thermalisme et maire de Dax, première ville thermale de France. Les curistes sont sensibles à une prise en charge non médicamenteuse.»

La filière se diversifie et l’âge moyen des curistes est en baisse

Si le profil du curiste néoaquitain actuel reste une femme de 63 ans, originaire de la région, prise en charge pour des problèmes rhumatologiques,  les lignes sont en train de bouger. « Il y a des offres pour la dermatologie (La Roche Posay dans la Vienne) et aussi sur la psychiatrie, l’ORL, la gynécologie, égrène la conseillère régionale. A Saujon en Charente, on soigne le burn-out ».

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Cette diversification a tendance à rajeunir l’âge des curistes. Les thermes ORL accueillent beaucoup d’enfants et les curistes venant pour des affections psychiatriques sont aussi plus jeunes. « Il y a aussi des cures du soir qui se développent pour les salariés, de 17 h à 21 h par exemple, pointe Elisabeth Bonjean. On peut travailler et faire sa cure, c’est un changement de pratique ». Aujourd’hui la sécurité sociale peut rembourser jusqu’à trois semaines de cure, pendant laquelle il y a trois visites médicales prévues.

Un soin dans les Thermes Adour, à Dax.
Un soin dans les Thermes Adour, à Dax. - Maud Delaflotte

Un enseignement en médecine thermale

Dans le plan de la Région, il s’agit notamment de « démontrer le service médical rendu », précise la conseillère régionale, quand on sait que 85 % des cures réalisées sont des cures prescrites par des médecins. « Il n’y a plus d’enseignement en médecine thermale, explique-t-elle. On va mettre en place un enseignement universitaire dès 2018 dans trois cycles de formation initiale à l’université de Bordeaux ». Une équipe médicale de recherche/innovation sur la médecine thermale va aussi être créée.

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La préservation de la ressource en eau est également l’une des préoccupations de la filière, qui s’intéresse notamment aux différentes méthodes pour récupérer les calories rejetées par les eaux thermales chaudes, pour alimenter des réseaux de chauffage.

La filière espère mieux se fédérer alors que ses établissements sont hétérogènes par leurs tailles pour résister à la concurrence voire, alors qu’elle talonne l’Occitanie, lui passer devant.